LIVRE XXIV, CHAPITRE XX
tri‘s-niauvaises conséquences lorsqu’on ne les litî pas avec les principes de la société ; et, au contraire, les dogmes les plus faux on peuvent avoir d’adniiraldes lorsqu’on fait <|u’ils se rapportent aux mômes principes.
La religion de Confucius nie l’immortalité de l’ànie; et la secte de Zénon ne la crovoit pas. Qui le diroit? ces deux sectes ont tiré de leurs mauvais piàncipes des cous<-(iuences, non pas justes, mais admirai des pour la société. La religion des Tao et des Foé croit l’immortalité de l’àine; mais de ce dogme si saint ils ont tiré des conséquences affreu.ses.
Presque par tout le monde, et dans tous les, temps, l’opinion do l’immortalité de l’ànie, mal prise, a engagé les femmes, les esclaves, les sujets, les amis, à se tuer, i)our aller servir dans l’autre monde l’olijet de leur rt'spect ou de leur amour. Cela étoit ainsi dans les Indes occidentales ; cela étoit ainsi chez les Danois ' ; et cela est encore aujourd’hui au Japon ’, à Macas.sar *, et dans plusieurs autres endroits de la terre.
Ces coutumes émanent moins directement du dogme de l’immortahté deràme (|ue de celui de la résurrection des corps: d’où l’on a tiré cette conséquence, qu’après la mort un môme individu auroit les mômes besoins, les mômes sentiments, les mômes passions. Dans ce point de vue, le dogme de l’immortaliti' de l’àme afiecte prodigicu.semcnt les hommes, parce que l’idée d’un simple changement de demeure est plus à la portée de notre esprit, et flatte plus notre cœur, que l’idée d’une modilication nouvelle.
Ce n’est pas assez pour une religion d’établir un dogme, il faut encore qu’elle le dirige. C’est ce qu’a fait admirablement bien la religion chrétienne à l’égard des dogmes dont nous parlons : elle nous fait espérer un état que nous croyions, non |)as un état que nous sentions, ou ((ue nous connoissions; tout, jusqu’à 1a résurrection des corps, nous mène à des idées spirituelles.