CHAPITRE XXIII
Des fêles. •
^)uand une religion ordonne la cessation du travail, elle doit avoir egard aux besoins des hommes, plus qu’à la grandeur de l’ètre qu’elle lionorc. ' '
C'étoil à Athènes* un grand inconvénient que le trop grand nombre de (êtes. Chez ce peuple dominateur, devant qui toutes les villes de la Grèce dévoient porter leurs dillerends, on ne. pouvoit suffire aux atlaires.
Lorsque Constantin établit que l’on chomeroit le dimanche, il fit cette ordonnance pour les villes-, et non pour les peuples de la campagne : il sentoit que dans les villes étoient les travaux utiles, et dans les campagnes les travaux nécessaires.
Parla meme raison, dans les pavs qui se maintiennent par le commerce, le nombre des fêtes doit être relatif à ce commerce même. Les pays protestants et les pays catholiques sont •situés de manière que l’on a plus besoin de travail dans les premiers que dans les seconds ^ : la suppression des fêtes convenoit donc plus aux pays protestants qu’aux pays catholiiiiies.
Dampierre* remarque que les divertissements des peuples varient beaucoup selon les climats. Comme les climats chauds produisent quantité de fruits délicats, les barbares, <jui trouvent d’abord le nécessaire, employent plus de temps à se divertir. Les Indiens des pays froids n’ont pas tant de loisir; il faut qu’ils pèchent et chassent continuellement : il y a donc chez eux moins de danses, de musique et de festins; et une religion qui s’établiroit chez ces peuples devroit avoir égard à cela dansl’institution des fêtes.