‹ De l'Esprit des loisChapitre 60 sur 935 · ArpuMtfuc de Lacédémone · texte numérisé non relu

ArpuMtfuc de Lacédémone

2. On peut voir dan> l'bistoirc romaine avec quel avantage pour la république on se servit de celté puissance. Je ne parlerai que du temps de la plus grande corruption. Aulus Fulvint s’cloit

mis en chemin pour aller trouver Catilina; son père le tappcla, et le Ht mourir. (Salluste, de Bello Calil.) Plusieurs antres citovens firent de mi'nie. (Dion., liï. XA.WII.J

Si le faste et la splendeur qui environnent les rois font une partie de leur puissance, la modestie et la simplicité des manières font la force des noldcs aristocratiques *. Quand ils n’affectent aaciine distinction, quand ils se eonfondent avc3 le peuple, quand ils sont vêtns comme lui, quand ils lui font partager tous leurs plaisirs, il oublie sa fniblesse.

Chaque gouvernement a sa nature et son principe. Il ne faut donc pas que l'aristocratie prenne la nature et le principe de la monarchie; ce qui arriveroit, si les nobles a voient quelques prérogatives personnelles et particulières, distinctes de celles de leur corps. Les privilèges doivent être pour le sénat, et le simple respi'ct pour les sénateurs.

Il y a dimx sources principales de désordres dans les Etats aristocratiques : l’inégalité extrême entre ceux qui gouvernent et ceux qui sont gouvernés; et la même inégalité <mtre les différents membres du corps qui gouverne. De ces deux inégalités résultent des haines et des jalousies que les lois doivent pr<> venir ou arrêter.

La première inégalité se trouve principalement lorsque les privHéges des princi[>aux ne sont honorables que parce qu’ils sont honteux au petqile. Telle fut à Rome la loi qui défendoit aux patriciens de s’unir par mariage aux plébéiens * : ce qui Il avoit d’autre elTet que de nrndre, d’un côté, les patriciens plus siqicrbes, et, de l’autre, plus odieux. 11 faut voir les avantages qu’en tirèrent les tribuns dans leurs harangues.

Cette inégalité se trouvera encore, si la condition des citoyens e.st différente par rajiportaux subsides; ce qui arrive de quatre manières : lorsque les nobles se donnent le privilège de n’en point payer; lorsqu’ils font des fraudes pour s’en exempter lorsqu’ils les appellent à eux, sous prétexte de n'-tribntions ou d’appointements pour les emplois qu’ils exercent; enlin quand ils rendent le peuple tributaire, et se partagent les impôts qu’iLslèvent sur eux. Ce dernier cas est rare; une aristocratie, en cas pareil, est le plus dur de tous les gouvernements.

Pendant que Rome inclina vers l’aristocratie, <'Hi; évita très bien ces inconvénients. Les magistrats ne tiroient jamais d’appointements de leur magistrature. Les principaux de la répu-

I. De nns jours, les Véniliens, qui, à bien des égards, se sont conduits tréssageinent, déêidèrent, sur une dispute entre un noble yénilien et un gentilbOiume de terre ferme pour nne préséance dans une église, que hors de Venise, un noble vénitien u’avoit point de

prééminence sur un antre citoyen.

î. Elle fut mise par les décemvirs dans les deui dernières tables. Voyez Denys d’Halicamassc. liv. X.

3. Comme dans qnelqncs aristocraties de nos jours. Ilien n’aObiblit tant l'Etat.

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