‹ De l'Esprit des loisChapitre 667 sur 935 · LIVRE XX.V111, CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE XX.V111, CHAPITRE IV

Dans le pays du duinaiiic dos Francs, la loi sarniuc établie (>our les Francs, et le code Théodosien ^ pour lesUoniains. Dans celui du domaine des Wisigoths, une compilation du code Théodosien, laite par l’ordre d’Alaric^, ré^la les différends des Komains; les coutumes de la nation, (pFEuric lit rédi^mr par écrite, décidèrent ceu\ des Wisijroths. *Mais jmurquoi les lois sali(pies aci[uirent-elles une autorité presque générale dans le pays des Francs? Et j)ourquoi le droit romain s’y perdit-il peu à i)cu, |)cndant que, dans le domaine des Wisigoths, le droit romain s’étendit, et eut une autorité générale?

Je dis (jue le droit romain perdit son usage chez les Fiancs, à cause des grands avantages qu'il y avoit à être franc % barbare, ou homme vivant sous la loi salique ; tout le monde fut porté à (luittcr le droit romain, pour vivre sous la loi sali(|U(î. Il fut seulement retenu par les ecclésiasti(iues«, par<?e (ju’ils n’eurent point d'intérêt à changer. Les différences des conditions et des rangs ne consistoient que dans la graud(‘ur des compositions, comme je le ferai voir ailleurs. Or, des lois® j>articulières leur donnèrent des compositions aussi favorables (pie celles qu’avoient les Francs : ils gardèrent donc le droit romain. Ils n’en rcccvoient aucun piéjudice, et il leur convenoit d’ailleurs, parce qu’il ctoit l’ouvrage des empereurs chrétrens.

D’un autre coté, dans le patrimoine des Wisigoths, la loi isigolhe" ne donnant aucun avantage civil aux Wisigoths sur les Romains, les Romains n’eurent aucune raison de cesser de vivre sous leur loi pour vivre sous une antre ; ils gardèrent donc leurs lois, et ne prirent point celles des Wisigoths.

Ceci SC confirme à mesure qu’on va plus avant. La loi de Condebaud fut très-impartiale, et ne fut j>as plus favorable aux Rourguignons (pi’aux Romains. Il paroit, par le [irologue de cette loi, qu’elle fut faite pour les Dourguignons, et qu’elle fut faite encore pour régler les affaires qui iiourroient naître entre

Page 1