‹ De l'Esprit des loisChapitre 689 sur 935 · LIVRE XXVIII, CHAPITRE XVIII. 48ü · texte numérisé non relu

LIVRE XXVIII, CHAPITRE XVIII. 48ü

CO que j’ai (lit : la loi des Francs salions n’admettuit point cette preuve', et celle des Francs ripuaires la recevoit'.

Mais, nial'jrcj les clameurs des ecclésiastiques, Fusa^re du comhat judiciaire s’étendit tous les jours en Fraïu'o ; et je vais prouver tout à l’heure que ce furent eux-mèmes qui y donnèrent lieu eu "randé partie.

C’est la loi des i.omhards i|ui nous fournit cette preuve. « Il « s’étoit introduit depuis loufftemps une dé'testable coutume « (est-il dit dans le préambule de la constitution d’Olhon II); « c’est que, si la chartre de quelque héritage étoit attaqui'c de a faux, celui qui la présentoit faisoit serment sur les Evangiles O qu’elle étoit vraie; et, sans aucun jugement ]»realahle, il se « rendoit propriétaire de l’héritage : ainsi les parjures étoient « sûrs d’acqiu'rir*. » Lorsque l’empereur Othon I"' se ht couronner à Rome*, le pape Jean XII tenant un concilia, tous les seigneurs d'Italie s’écrièrent qu’il falloit que l’empereur fit une loi pour corriger cet indigne abus*. Le pape et l'empereur jugèrent qu’il falloit renvoyer l’alfairc au concile qui devoit se tenir peu de temps après à Ravenne ®. Là, les seigneurs firent les mêmes demandes, et redoublèrent leurs cris ; mais , sons prétexte de l’absence de quel([ucs personnes, on renvoya encore une fois cette affaire. Lorsque Othon II, et Conrad •*, roi de Bourgogne, arrivèrent en Italie, ils eurent, à Vérone’', un colloque avec les seigneurs d’Italie*; et sur leurs instances réitérées, l’empereur, du consentement de tous, lit une loi qni portoit que, quand il y auroit quelque contestation sur des héritages, et qu'une des parties voudroit se servir d’une ch, artre, et (|ue l’autre soutiendroit qu’elle étoit fausse , l'affaire se di'cideroif par le combat; que la même réglé s’oliserveroit lors(|u’il s’agiroit de matières de fiefs; que les églises seroient sujettes à la même loi , et qu’elles combàttroient par leurs champions. On voit ([ue la noblesse demanda la preuve par le combat, à cause de l’inconvénient de la preuve introduite dans les églises; que, malgré les cris de cette noblesse, malgré l’abus qui crioit lui-même, et nralgré l’autorih! d’Othon, (pii arriva en Italie pour parler et agir en maître, le clergé tint

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