‹ De l'Esprit des loisChapitre 697 sur 935 · CHAPITRE X.X1I · texte numérisé non relu

CHAPITRE X.X1I

f Des mœurs relatives aui combats.

Notre liaison avec les femmes est fondée sur le bonheur attaché au plaisir des sens, sur le charme d’aimer et d’ètre aimé, et encore sur le désir de leur plaire, parce que ce sont des juges très-éclairés sur une partie des choses qui constituent le mérite personnel. Ce désir général de [tlaire produit la galanterie, qui n’est point l’amour, mais le délicat, mais le léger, mais le perpétuel mensonge de l’amour.

Selon les circonstances dilîércntes dans chaque nation et dans chaque siècle l’amour se porte plus vers une de ces trois choses, que vers les deux autres. Or, je dis (pic, dans le temps de nos combats, ce fut l’esprit de galanterie qui dut prendre des forces.

Je trouve, dans 1a loi des Lombards*, que, si un des deux champions avoit sur lui des herbes propres aux enchantements, le juge les lui faisoit ôter, et le faisoit jurer qu’il n’en avoit plus. Cette loi ne pouvoit être fondée que sur l’opinion commune; c’est la peur, ([u’on a dit avoir inventé tant de choses, qui fit imaginer ces sortes de prestiges. Comme dans les combats particuliers les champions étoient armés de toutes pièces, et qu’avec des armes pesantes, oflénsives et défensives, celles

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