‹ De l'Esprit des loisChapitre 796 sur 935 · Ciitaibue vel paraveredia quue · texte numérisé non relu

Ciitaibue vel paraveredia quue

3o6 DE L’ESPRIT DES LOIS.

De plus, l’édit de Pistes* parle de ces hommes francs qui dévoient payer le cens royal pour leur tête et pour leurs cases, et qui s’étoient vendus pendant la famine*. Le roi veut qu’ils soient rachetés : c’est que cfcux qui étoient affranchis par lettres du roi* n’acquéroient point ordinairement une pleine et entière liberté*; mais ils payoient censum in capitc : et c’est de cette sorte de gens dont il est ici parlé.

11 faut donc se défaire de l’idée d’un cens général et universel, dérivé de la police des Romains, duquel on suppose que les droits des seigneurs ont dérivé de même par des usurpations. Ce qu’on appcloit cens dans la monarchie françoise, indépendamment de l’ahus que l’on a fait de ce mot, étoit dn droit particulier levé sur les serfs par les maitres.

Je supplie le lecteur de me pardonner l’ennui mortel que tant de citations doivent lui donner : je serois plus court si je ne trouvois toujours devant moi le livre de \’ Etablissement de la monarchie françoise dans les Gaules de M. l’abbé Dubos. Rien ne recule plus le progrès des connoissances qu’un mauvais ouvrage d’un auteur célèbre, parce qu’avant d’instruire il faut commencer par détromper.

r.llAPlTRE XVI

Des leudes ou vassaux.

J’ai parlé * de ces volontaires qui, chez les Germains, suivoient les princes dans leurs entreprises : le même usage se conserva après la conquête, 'facile les désigne par le nom de comjaagnons«; la loi salique, par celui d’hommes qui sont sous la foi du roi’; les formules de Marculfe*, par celui d’antrustions » du roi; nos premiers historiens, par celui de leudes, de fidèles*®; et les suivants, par celui de vassaux et seigneurs ".

On trouve dans les lois saliques et ripuaires un nombre infini de dispositions pour les Francs, et quelques-unes seulement

f ranci hotnines ad regiam jio/ej/olem exsolcere debenl.

Page 1