‹ De l'Esprit des loisChapitre 867 sur 935 · Carolus Crassus · texte numérisé non relu

Carolus Crassus

7. Voyez son capitulaire ni, do l’an 8U, pag. 480, art. 1, 2, 3, 4, 5, 6 et 8; et le capitulaire premier, de l’an 812, pag. 490, art. 1 ; et le capitulaire de la même année, pag. 494, art. 9 et 11 -, et d’autres.

desseins, simple dans l’exécution, personne n’eut à un plus haut degré l’art de faire les plus grandes choses avec facilité, et les difficiles avec promptitude. Il parcouroit sans cesse son vaste empire, portant la main partout où il alloit tomber. Les affaires renaissoient de toutes parts ; il les finissoit de toutes parts. Jamais prince ne sut mieux braver les dangers, jamais prince ne les sut mieux éviter. Il se joua de tous les périls, et particuliérement de ceux qu’éprouvent presquetoujours les grands conquérants, je veux dire des conspirations. Ce prince prodigieux étoit extrêmement modéré; son caractère étoit doux, ses manières simples; il aimoit à vivre avec les gens de sa cour*. Il fut peut-être trop sensible au plaisir des femmes; mais un prince qui gouvenia toujours par luimême, et qui passa sa vie dans les travaux, peut mériter plus d’excuses. Il mit une règle admirable dans sa dépense : il fit valoir ses domaines avec sagesse, avec attention, avec économie; un père de famille pourroit ai)prendre dans ses lois à gouverner sa maison. On Voit dans ses capitulaires la source pure et sacrée d’où il tira ses richesses. Je ne dirai plus qu’un mot : il ordonnoit qu’on vendît les œufs des basses-cours de ses domaines, et les herbes inutiles de ses jardins; et il avoit distribué à ses peuples toutes les richesses des Lombards, et les immenses trésors de ces Huns qui avoient dépouille l’univers.

CILVPITRE XL\

Continuation dn même sujet.

Charlemagne et ses premiers successeurs craignirent que ceux qu’ils placeroient dans des lieux éloignés ne fussent portés à la révolte ; ils crurent qu’ils trouveroient plus de docilité dans les ecclésiastiques ; ainsi ils érigèrent en Allemagne un grand nombre d’évêchés, et y joignirent de grands fiefs. Il paroit, par quelques Chartres, que les clauses qui contenoient les prérogatives de ces fiefs n’étoient pas différentes de celles qu’on mettoit ordinairement dans ces concessions, quoiqu’on voie aujourd’hui les principaux ecclésiastiques d’Allemagne revêtus de la puissance souveiitine. Quoi qu’il en soit, c’étoient des pièces qu’ils mettoient en avant contre les Saxons. Ce qu'ils ne pou- V oient attendre de l’indolence ou des négligences d’un leude, ils crurent qu’ils dévoient l’attendre du zèle et de l’attention agissante d’un évêque; outre qu’un tel vassal, bien loin de se servir contre eux des peuples assujettis, auroit au contraire besoin d'eux pour se soutenir contre ses peuples.

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