Discours sur la première décade, fusa de s’en servir
de Tite-Live, Hv. I, chap. vu. 4. Démosthène , sur la Couronne,
2. Cela est bien expliqué dans l’ofai- , pag. 494, édition de Francforl, de l'an son de Cicéron pro (?œct«na, à la fin, 1694.
3. C’étoit une loi d’Athènes, comme ü, Voy.Philostrate, FtesdcsSop/iisfc*, " il paroU par Démosthène. Socrate re- liv. I; d'Æschines.
7r. DE L’ESPRIT DES LOIS.
visages; plus de confiance, plus d'honneur, plus d’amour, plufv de sûreté, plus de monarchie.
Voici d’autres rétlcxions. Dans les Etats monarchiques, le prince est la partie qui poursuit les accuse-s, et les fait punir ou ahsouilre : s’il jugeoit lui-mème, il seroit le juge et la j)ar:;ie.
Dans ces mêmes Etats, le prince a souvent les'conliscations : s’il jugeoit les crimes, il seroit encore le juge et la partie De plus, il perdroit le plus bel attribut de sa souveraineté, qui est celui de faire grAce * : il seroit insensé qu’il fit et défit ses jugements; il ne voudroit pas être en contradiction avec lui-même. Outre que cela confondroit toutes les idées, on ne sauroit si un homme seroit absous, ou s’il rccevroit sa grûce.
Lorsque I.ouis .MU voulut être juge dans le procès du duc de La Valette*, et qu’il appela pour cela dans son cabinet quelques officiers du parlement et quelques conseillers d’Etat, le roi les ayant forcés d’opiner sur le décret de prise de corps, le président deBellièvTe dit: « Qu’il voyoit dans cette affaire une chose <1 étrange, un prince opiner au proci-s d’un de ses sujets; que « les rois ne s’étoient réservé que les grâces, et qu’ils ren- « voyoient les condamnations vers leurs officiers. Et Votre « Majesté voudroit bien voir sur la sellette un homme devant « elle, qui, par son jugement, iroit dans une heure à la mort!. « Que la face du piànce, qui porte les grAces, ne peut soutenir « cela; que sa vue seule levoit les interdits des églises; qu’oix « ne devüit sortir que content de devant le prince.» Lorequ’on jugea le fond, le même président dit, dans son avis : «Cela est « un jugement sans exemple, voire contre tous les exemples du « passé jusqu’à huy, qu’un roi de France ait condamné en qua- « iité de juge, par son avis, un gentilhomme à mort *. »
Les jugements rendus par le prince seroient une source intarissable d’injustices et d’abus; les courtisans extorqueroient.
1 . Dan* le cas d’un délit, il y a deux parties : le souverain, ^ui affirme oue le contrat social est violé; et l’accuse, qui nie cette violation. Il faut donc qu’il y ait entre eux un tiers qui décide la contes* tation. Ce tiers est le magistrat qui doit simplement prononcer s’il y a un délit, ou s’il n’y n en a point... La sentence doit être dans la loi. (Oeccaria, ch. ir.)
2. Platon ne pense pas que les rois, qui sont, dit-il, prêtres, puissent assister nu jugement où l'on condamne à la mort, û l’exil, à la prison.
3. Voyc2 la rélation du procès fait à M. le duc de la Valette. Elle est imprimée dans les Mémoirt$ do Montrésor,