‹ De l'Esprit des loisChapitre 905 sur 935 · I. FeaiÜe da 9 octobre 1749, p · texte numérisé non relu

I. FeaiÜe da 9 octobre 1749, p

roit plutôt la facultô de connoître qu’il n’auroit des connoissances. 11 est clair que scs premières idées ne seroient point des idées spéculatives ; il songeroit à la conservation de son être avant de chercher l’origine de son être. Un homme pareil ne sentiroit d’abord que sa foihlesse; sa timidité seroit extrême; et, si l’on avoil là-dessus besoin de l’expérience, l’on a trouvé dans les forêts des hommes sauvages; tout les fait trembler, tout les fait fuir’. » L’auteur a donc dit que la loi qui, en imprimant en nous-mêmes l’idée du créateur, nous porte vers lui étoit la première des lois naturelles. 11 ne lui a pas été défendu, plus qu’aux philosophes et aux écrivains du droit naturel, de considérer l’homme sous divers égards : il lui a été permis de supposer un homme comme tombé des nues, laissé à lui-même et sans éducation, avant l’établissement des sociétés. Hé bien ! l’auteur a dit que la première loi naturelle, la plus importante et par conséquent la capitale, seroit pour lui, comme pour tous les hommes, de se porter vers son créateur. 11 a aussi été permis à l’auteur d’examiner quelle seroit la première impression qui se feroit sur cet homme, et de voir l’ordre dans lequel ces impressions seroient reçues dans son cerveau ; et il a cru qu’il auroit des sentiments avant de faire des réflexions; que le premier, dans l’ordre du temps, seroit la peur; ensuite le besoin de se nourrir, etc. L’auteur a dit que la loi qui, en imprimant 6n nous l'idée du créateur, nous porte vers lui, est la première des lois naturelles; le critique dit que la première loi naturelle est d’aimer Dieu : ils ne sont divisés que par les injures.

SEPTIÈ.ME OBJECTION.

Elle est tirée du chapitre premier du premier livre, où l’auteur, après avoir dit que « l’homme étoit un être borné, » a ajouté : « Un tel être pouvoit, à tous les instants, oublier son créateur; Dieu l’a rappelé à lui par les lois de la religion. » Or, dit-on, quelle est cette religion dont parle l’auteur ? il parle sans doute de la religion naturelle; il ne croit donc que la religion naturelle.

RÉPONSE

. Je suppose encore un moment que cette manière de raisonner soit bonne ; et que, de ce que l’auteur n’auroit parlé là que de la religion naturelle, on en pût conclure qu’il ne croit que la religion naturelle, et qu’il exclut la religion révélée. Je dis

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