Chap. IV du tiv. XTI
l’auteur qu’il approuvoitla pcilygamie. Mais si je disois que j’aime mieux la fièvre que le scorbut, cela signifierait-il que j’aime la fièvTe, ou seulemeat que le scorbut m’est plus désagréable que la fièvre ?
Voici mot pour mot une objection bien extraordinaire :
« La polygamie d’une femme qui a plusieurs maris est un désordi’c monstrueux, qui n’a cto permis en aucun cas, et que l’auteur ne distingue en aucune sorte de la polygamie d’un homme qui a plusieurs femmesL Ce langage, dans un sectateur de la religion naturelle, n’a pas besoin do commentaire. »
Je supplie de faire attention à la liaison des idées du critique, Selon lui, il suit que, de ce que l’auteur est un sectateur de la religion naturelle, il n’a point parlé de ce dont il n’avoit que faire de parler : ou bien il suit, selon lui, que l’auteur n’a point parlé de ce dont il n’avoit que faire de parier, parce qu’il est sectateur de la religion naturelle. Ces deux raisonnements sont de même espèce, et les consé([uences se trouvent également dans les prémisses. La manière ordinaire est de critiquer sur ce que l’on éciit; ici le mtique s’évapore sur ce que l’on n’écrit pas.
Je dis tout ceci, en supposant avec le critique que l'auteur n’eùt point distingué la polygamie d’une femme qui a plusieurs maris, de celle où un mari auroit plusieurs femmes. Mais, si l’auteur les a distinguées, que dùa-t-il? Si l’auteur a fait voir que, dans le premier cas, les abus étoient plus grands, que dii‘a-t-il ? le supplie le lecteur de relire le chapitre sixième du livre seizième; je l’ai rai)porté ci-dessus. Le critique lui a fait des invectives, parce qu’il avoit gardé le silence sur cet article; il ne reste plus que de lui eu faire sur ce qu’il ne l’a pas gardé.
Mais voici une chose que je ne puis comprendre. Le critique a mis diWis la seconde de ses feuilles, page 1 66 ; u L’auteur nous a dit ci-dessus que la religion doit permettre la polygamie dans les pays chauds, et non dans les pays froids. » Mais l’auteur n’a dit cela nulle part. Il n’est plus question de mauvais raisonnements entre le critique et lui; il est question d’un fait. Et comme l’auteur n’a dit nulle part que la religion doit permettre la polygamie dans les pays chauds et non dans les pays froids, si l’imputation est fausse , comme elle l’est, et grave, comme elle l’est, je prie le critique de se juger lui-mèrae. Ce n’est pas le seul endroit sur lequel l’auteiu’ ait à faire un a-i. A la page 163, à la fin de la première feuille, il est dit : « Le chapitre quatrième porte pour titre que la loi de la polygamie est une