LIVRE VII, CHAP. III. 2a
être banni. 11 n'y a donc que des gens très pauvres, qui ne peuvent pas recevoir , et des o^ens très riches, qui ne peuvent pas dépenser.
A Venise , les lois forcent les nobles à la modestie. Ils se sont tellement accoutumés à l'épargne , qu'il n'y a que les courtisanes qui puissent leur faire donner de l'argent. On se sert de cette voie pour entretenir l'industrie : les femmes les plus méprisables y dépensent sans danger , pendant que leurs tributaires y mènent la vie du monde la plus obscure.
Les bonnes républiques grecques avoient à cet égard des institutions admirables. Les riches cmployoient leur argent en fêtes, en chœurs de musique, en chariots, en chevaux pour la course, en magistrature onéreuse. Les ricliesses y étoient aussi à charge que la pauvreté.