‹ De l'esprit des loixChapitre 112 sur 313 · LIVRE VII, CHAP. lY. iîS · texte numérisé non relu

LIVRE VII, CHAP. lY. iîS

• choses. Comment Rome pourroit-elle vivre? a comment pourvoient vivre les provinces ? «Nous avions de la frugalité, lorsque nous « étions citoyens d'une seule ville; aujourd'hui « nous consommons les richesses de tout l'u- « nivers: on fait travailler pour nous les maîa très et les esclaves. « Il voyoil bien qu'il ne fallolt plus de lois somptuaires.

Lorsque, sous le même empereur, on proposa au sénat de défendre aux gouverneurs de mener leurs femmes dans les provinces, à cause des dérèglements qu'elles y apportoient, cela fut rejeté. On dit c que les exemples de la fc dureté des anciens avoient été changés en «une façon de vivre plus agréable ( i ). » On sentit qu'il falloit d'autres mœurs.

Le luxe est donc nécessaire dans les états monarchiques ; il l'est encore dans les états despotiques. Dans les premiers , c'est un usage que l'on fait de ce qu'on possède de liberté; dans les autres, c'est un abus qu'on fait des avantages de sa servitude , lorsqu'un esclave choisi par son maître pour tyranniser ses autres esclaves, incertain pour le lendemain de la fortune de chaque jour, n'a d'autre félicité que celle d'assouvir l'orgueil, les désirs , et les voluptés de chaque jour.

Tout cecijnene aune réflexion. Les répu-

(i) Multa duritiei vetermn meliùs et lœtiùs mutât». Tacite , Annal. 1. Ilf.

bliques finissent par le luxe; les monarcliies par la pauvreté (i).

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