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CHAPITRE XVI

Belle coutnme des Samnites.

i/ES Samnites avoient une coutume qui, dans

(i) Marseille fut la plus sage tics républiques do son temps ; les dots ne pouvoient passer cent écus eu argent, et cinr^ en habits, dit Strabon, 1. IV.

i6 DE l'esprit des lois.

une petite république , et sur - tout dans la situation où étoit la leur , de voit produire d'admirables effets. On assembloittous les jeunes gens , et on les jugeoit. Celui qui étoit déclaré le meilleur de tous prenoit pour sa femme la fille qu'il vouloit ; celui quiavolt les suffrages après lui choisissoit encore, et ainsi de sulte(i\ Il étoit admirable de ne regarder entre les biens des garçons que les belles qualités et les services rendus à la patrie. Celui qui étoit le plus ricbe de ces sortes de biens choisissoit une fille dans toute la nation. L'amour, la beauté, la chasteté , la vertu , la naissance , les richesses même , tout cela étoit , pour ainsi dire , la dot de la vertu. Il seroit difficile d'imaginer une récom{)€nse plus noble , plus grande , moins à charge à un petit état , plus capable d'agir sur l'un et l'autre sexe.

Les Samnites descendoient des Lacédémoniens ; et Platon , dont les institutions ne sont que la perfection des lois de Lycurgue, donna à peu près une pareille loi (2).

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