CHAPITRE PREMIER
Idée de ce livre.
v^E n'est pas assez d'avoir traité de la liberté politique dans son rapport avec la constitu- ^tion ; il faut la faire voir dans le l'apport qu'elle a avec le citoyen.
J'ai dit que, dans le premier cas, elle est formée par une certaine distribution des trois pouvoirs ; mais , dans le second, il faut la considérer sous une autre idée. Elle consiste dans la sûreté , ou dans l'opinion que l'on a de sa sûreté.
Il pourra arriver que la constitution sera libre , et que le citoyen ne le sera point. Le citoyen pourra être libre , et la constitution ne l'être pas. Dans ces cas , la constitution sera libre de droit , et non de fait ; le citoyen sera libre de fait , et non pas de droit.
Il n'y a que la disposition des lois, et même des lois fondamentales , qui forme la liberté dans son rapport avec la constitution. Mais, dans le rapport avec le citoyen, des mœurs, des manières , des exemples l'ecus , peuvent la faire naître, et de certaines lois civiles la favo-
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riser, comme nous allons voir dans ce livre-ci. De |)lns,(lans la plupartdes élars,lalibertc étant j)lus f^â-née, choquée ou abat lue, (|ue leur constitution ne le demande, il est bon de |)arler des lois particulières qui , dans chaque constitution, peuvent aider ou choquer le principe de la liberté dont chacun d'eux peut être susceptible.