‹ De l'esprit des loixChapitre 225 sur 313 · LIVRE XII, CHAP. II · texte numérisé non relu

LIVRE XII, CHAP. II

Martlus , aceusé d'avoir assassiné le roi son heau-pcre (i). Sous les premiers rois des Francs , Clotaire fit une loi (-2) pour qu'un accusé ne pût être condamné sans être ouï, ce qui prouve une pratique contraire dans quelque cas particulier ou chez quelque peuple barbare. Ce fut Charondas qui introduisit les jugements contre les faiix témoignages (!^). Quand l'innocence des citoyens n'est pas assurée , la liberté ne l'est pas non plus.

Les connoissances que l'on a acquises dans Quelque pays , et que l'on acquerra dans d'autres , sur les règles les plus sûres que l'on puisse tenir dans les jugements criminels , intéressent le genre humain plus qu'aucune chose qu'il y ait au monde.

Ce n'est que sur la pratique de ces connoissances que la liberté peut être fondée : et dans un état qui auroit là-dessus les meilleures lois possibles, un homme à qui on feroit son procès , et qui devroit être pendu le lendemain , seroit plus libre qu'un bâcha ne l'est en Turquie.

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