‹ De l'esprit des loixChapitre 242 sur 313 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

De l'affranchissement de l'esclave pour accuser le maître.

A.U G u s T E établit que les esclaves de ceux qui auroient conspiré contre lui seroient vendus au public , afin qu'ils pussent déposer contre leur maître (3). On ne doit rien négliger de ce qui mené à la découverte d'un grand crime. Ainsi, dans un état où il y a des esclaves , il est naturel qu'ils puissent être indicateurs ; mais ils ne sauroient être témoins.

Virulex indiqua la conspiration faite en faveur de Tarquin ; mais il ne fut pas témoin contre les enfants de Brutus. Il étoit juste de donner la liberté à celui qui avoit rendu un si grand service à sa patrie ; mais on ne la lui donna pas afin qu'il rendît ce service à sa patrie.

Aussi l'empereur Tacite ordonna-t-il que les esclaves ne seroient pas témoins contre leur

(i) Recueil des voyages qui ont servi à l'établis- «ement de la compagnie des Indes, tome V, part. II. —(2) Ibid. p. 4y6. — (3) Dion, dans Xiphilin.

iGi DE l'f. SPRIT DES LOIS.

maître dans le crime même de lese-majesté (i); loi qui n'a pas été mise dans la compilation de Justinien.

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