‹ De l'esprit des loixChapitre 32 sur 313 · LIVRE III, CUAP. X. i · texte numérisé non relu

LIVRE III, CUAP. X. i

c'est la religion. On abandonnera son père , on le tuera même , si le prince l'ordonne : mais ou ne boira pas de vin, s'il le veut et s'il l'ordonne. Les lois de la religion sont d'un précepte supérieur, parcequ'elles sont données sur la tête du prince comme sur celle des sujets. Mais , quant au droit naturel , il n'en est pas de même ; le prince est supposé n'être plus un homme.

Dans les états monarchiques et modérés , la puissance est bornée par ce qui en est le l'essort;jeveux dire l'honneur, qui règne, comme un monarque, sur le prince et sur le ])euplç. On n'ira point lui alléguer les lois de la religion; un courtisan se croiroit ridicule : on lui alléguera sans cesse celles de l'honneur. De là résultent des modifications nécessaires dans l'obéissance; l'honneur est naturellement sujet à des bizarreries , et l'obéissance les suivra toutes.

Quoique la manière d'obéir soit différente dans ces deux gouvernements , le pouvoir est pourtant le même. De quelque côté que le monarque se tourne, il emporte et piécipite la balance , et est obéi. Toute la différence est que, dans la monarchie, le prince a des lumières, et que les ministres y sont infiniment plus habiles et plus rompus aux affaires que dans l'état despotique.

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