IJ'A VU LESPUIT DES LOIS
Il faut qu'elles la rendent héréditaire, non pas pour être le terme entre le pouvoir du prince et la foiblesse du peuple, mais le lien de tous les deux.
Les substitutions, qui conservent les biens dans les familles , seront très utiles dans ce gouvernement, quoiqu'elles ne conviennent pas dans les autres.
Le retrait lignager rendra aux familles nobles les terres <[ue la prodigalité d'un parent aura aliénées.
Les terres nobles auront des privilèges comme les personnes. On ne peut pas séparer la flignlté du monarque de celle du royaume; on ne peut guère séparer non plus la dignité du noble de celle de son fief.
Toutes ces prérogatives seront particulières à la noblesse , et ne passeront point au peuple , si l'on ne veut choquer le jirincipe du gouvernement, si Tonne veut diminuer la force de la noblesse et celle du peuple.
Les substitutions gênent le commerce ; le retrait lignager fait une infinité de procès nécessaires ; et tous les fonds du royaume vendus sont au moins , en quelque façon, sans maître j)endant un an. Dec prérogatives attachées à des fiefs donnent un pouvoir très à charge à ceux qui les souffrent. Ce sont des inconvénients particuliers de la noblesse , qui disparoissent devant l'utilité générale qu'elle procure. Mais , quand on les communique au peuple, on choque inutilement tous les principes.
LIVRK V, CHAP. IX. ï53
On peut, dans les monarcliies, permettre de laisser la plus grande partie de ses biens à un de ses enfants; cette permission n'est même bonne que là.
Il faut que les lois favorisent tout le commerce que la constitution (i) de ce gouvernement peut donner, afin que les sujets puissent, sans périr, satisfaire aux besoins toujours renaissants du prince et de sa cour.
Il faut qu'elles mettent un certain ordre dans la manière de lever les tributs , afin qu'elle ne soit pas plus pesante que les charges mêmes.
La pesanteur des charges produit d'abord le travail ; le travail, l'accablement ; l'accablement, l'esprit de paresse.