‹ De l'esprit des religionsChapitre 124 sur 222 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Complément du système de Spinosa.

Le temps vint où Ton mit au jour les imagina* tions les plus extravagantes, où la mesure des erreurs de l'esprit humain fut enfin comblée. Ce qu'à peine les premiers matérialistes avaient laissé entrevoir , on l'exposa clairement, et de tant de manières, qu'il ne s'agit que de savoir laquelle heurte avec le plus d'impudence la foi des nations. Spinosa* n'avait fait encore que confondre l'Essence divine avec la Nature, opposer quelques propositions captieuses aux dogmes et à la tradition : ceux qui le suivirent expliquèrent cette alliance monstrueuse , et donnèrent à l'antiquité un démenti formel. Il avait indirectement attaqué quelques points de la religion chrétienne; mais ensuite on fit l'application matérielle de tous ses dogmes , et

on l'assimila à la pins honteuse idolâtrie. Les matérialistes insultèrent à la croyance du inonde entier; ils portèrent partout le desordre et la confusion : ce sont les premiers pas qu'ils aient faits comme secte.

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