CHAPITRE VIL
Que la mort de l'Homme-Dieu était inévitable.
Le Christ en naissant fut , il est vrai , le gage d'une nouvelle alliance; mais cette alliance ne pouvait être consommée qu'autant que l'homme satisferait à la justice de Dieu. Or, il lui était impossible de se racheter; le genre humain était souillé dans sa source, l'homme coupable ne pouvait offrir que le sang de l'homme coupable. Il fallait à la Divinité une victime qui fût pure et agréable, et le Ciel lui-même , en ce grand jour, pourvut au sacrifice : Dieu clément et miséricordieux , Dieu plein d'amour pour les hommes s'offrit pour eux , en expiation , à Dieu juste et vengeur.
Ce fut l'Homme-Dieu , le seul qui n'eût point participé à la tache originelle , que le Ciel désigna
pour l'hostie ; Phomme n'eut point horreur de porter sur lui une main sacrilège r U répandit le sang de Pagneau , la terre et les cieux tremblèrent à ce forfait ; mais les Ecritures étaient accomplies , et un nouveau crime payé d'une grâce nouvelle. Concours admirable de prodiges , depuis la naissance de Phomme et sa chute, jusqu'à Pinstant de sa régénération ! Liberté ! épreuve! disgrâce i rédemption ! qu'est-ce que Phomme ,. si on lui enlève tant de titres de grandeur , qu'il tire de l'infortune même ?