CHAPITRE XIII
Divinités qui, par leur nature, étaient une occasion de
brouillerie.
Les Païens ne connaissaient guère cette espèce de schismes qui naissent de questions dogmatiques; chacun avait ses Dieux qu'il adorait à sa maniérée ; mais la religion leur fournissait d'autres motifs de discorde. En Egypte, où Ton adorait toutes sortes de bêtes, on eût dit qu'elles communiquaient au peuple l'aversion que la nature avnit mise entre elles: ce n'était pas assez de leurs propres querelles, il fallait que les hommes embrassassent encore celles des animaux. La ville de Bubaste adorait des chats, et celle d'Athribis des souris et
* Grotius a eu tort de supposer que c'était un esprit sanguinaire qui dirigeait les Juifs ; eux seuls ont pu donner à la guerre un caractère de sainteté. (G rot. , ch. IV, de la Vérité de la Religion chrétienne.)
des musaraignes; la haine que ces villes avaient l'une pour l'autre était si violente , que leurs habitans ne contractèrent jamais d'alliance ensemble.