‹ De l'esprit des religionsChapitre 184 sur 222 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Des Oracles.

Malgré le préjugé que l'on avait contre les femmes, elles demeurèrent constamment en possession de rendre les oracles; ce qui prouve qu'elles ne tenaient cette vertu que d'une puissance surnaturelle. Car, pour les hommes, d'après le peu d'estime qu'ils en faisaient, il est certain qu'ils n'auraient jamais consenti à leur donner un pareil ascendant. On peut penser, à la vérité, que le Démon ayant subjugué la femme la première, se servit d'elle encore, dans la suite, pour accomplir ses desseins ; et , dès-lors, ce que nous regardions comme un privilège, n'est plus qu'une honteuse préférence.

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Il est impossible de douter que les Sibylles et les i Pythies ne fussent réellement inspirées; souvent 3 même leurs révélations étaient scellées par la mort : 1 elles ne se plaçaient sur le fatal trépied qu'avec ; une profonde horreur; et lorsque le Dieu qui les agitait était sorti de leur sein , elles tombaient sans vie. Mais, à leurs affreuses contorsions, à leurs rires détestables , on ne s'imaginera point que ce fut un Dieu bienfaisant qui s'emparât d'elles : celui qui répand la vie dans le monde , ne rend pas ses oracles au milieu des tombeaux ; il n'est pas nécessaire d'évoquer les morts , ni de troubler leur repos , pour en arracher de funestes vérités.

Quand même nous rejetterions tout ce que le temps peut avoir ajouté de chimérique à des histoires déjà merveilleuses , il paraît incontestable que , dans les temps reculés , il s est passé des choses extraordinaires. On ne regarde comme des fables ce que les anciens historiens et philosophes nous racontent des oracles, que parce que leur cessation donne tout-à-coup une idée de la puissance du Christ, et rend témoignage de sa mission. Quoi qu'il en soit , on ne peut pas dire que les Païens aient été abusés par leurs Prêtresses , puisqu'elles se turent du moment où les inspirations cessèrent ; et , cependant , les disputes qui s'élevèrent entre eux , à cette occasion , ne nous instruiraient de rien, si nous n'en trouvions encore

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l'éclaircissement dans les Ecritures. Le serpent continua de répandre ses séductions dans le monde, par l'entremise de la femme , jusqu'à ce que le temps vînt , enfin , où elle lui écrasa la tête : paroles allégoriques pleines de sens et de vérité.

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