‹ De l'esprit des religionsChapitre 67 sur 222 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Pratiques des Juifs que le Christianisme a conservées.

Une religion ne pouvait emprunter (Tune autre ses dogmes et sa croyance , sans retenir aussi plusieurs de ses usages ; ce qui fait qu'on retrouve encore , dans le christianisme , une partie des observances des Juifs qui ont autant de force et d'autorité qu'elles en eurent chez ce peuple même. De h ce nombre sont les principales fêtes des Chrétiens, Ji toujours célébrées dans l'esprit de l'ancienne loi, et quelques pratiques qui n'ont à la vérité nul rapport avec le système religieux. Le lavement des pieds qui précède la Pâque n'est qu'une imitation de la même cérémonie que Jésus-Christ observa envers ses disciples. Mais il ne s'y conformait luimême que parce qu'en Orient c'était une coutume établie de tout temps , et liée aux devoirs de l'hospitalité > Ainsi les Chrétiens ont eu tort de transformer un simple usage de civilité en un rite solennel, pour l'attirer à leur discipline. Lacéré- V monie des relevailles tient pareillement à l'usage où étaient les femmes des Hébreux d'aller air

temple se purifier après leurs couches : l'aspersion que le prêtre donne alors rappelle le bain que la loi de Moïse prescrit à celle qui vient d'enfanter. La religion chrétienne n'ayant point aboli ces rites , ils font essentiellement partie du culte , et ne peuvent en aucune manière mériter aux Chrétiens l'imputation de judaïser. On en a accusé ivec raison certains sectaires , qui , aux observances du christianisme , joignaient encore celles ju'il a abrogées. Ce singulier mélange ne doit être ittribué qu'à l'influence de l'ancien culte , et c'est ci même que l'on commence à retrouver dans le christianisme les traces des religions qui l'ont précédé ; qui , à raison de leur diversité , doivent lui lonner dans chaque pays des formes et une nuance lifférentes.

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