CHAPITRE XXIV
Det anciens Rites que le Mahométisme conserve.
Les Misulmans ont retenu des Juifs ce zèle e*traordiiaire qu'ils avaient pour les guerres de religion; comme eux , ils les supposent encore méritoies. On ne sera donc point surpris si les Chrétieis, qui n'avaient pas un goût moins décide pour lescroisades , trouvèrent dans les champs de la Palestae des ennemis si redoutables. En conséquence tes anciennes institutions des Arabes , le Koran atorise la polygamie , et prescrit un régime diététiqu entièrement semblable à celui des Hébreux. L carême de ce peuple fut modéré par les Chrétiem; il n'est ni aussi long, ni aussi rigide; Pabstinene ne s'étend point sur l'union conjugale ; les Mahoàétans l'ont reçu au contraire dans toute son austéité ; et , comme les Juifs , ils endurent des jours le privation , et passent la nuit dans le
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désordre et la débauche. Les pèlerinages sont en grande estime chez eux ; il en est même de très-renommés ; et ainsi que les Juifs allaient à Jérusalem, les Chrétiens à Rome et à Lorette, les Musulmans vont au temple de la Mecque. Cette ville étant depuis long-temps un lieu de dévotion célèbre , Mahomet n'eut pour ainsi dire que la peine de changer de Divinité ; les cérémonies restèrent toujours les mêmes. Les pèlerins portent dans ce voyage un costume particulier, qui leur a été transmis par les Païens , dont la coutume était de se vêtir alors très-grossièrement. A leur arrivée ils baisent encore respectueusement la Pierre-Noire de la Caaba, qui fut autrefois Pobjet même du pèlerinage : puis, selon l'antique usage, marchant, tantôt pas à pas , tantôt très-vite , ils vont dans la vallée de Muna jeter des pierres au Démon , et reviennent ensuite boire les eaux purifiantes du puits de Zemzem. Ces eaux, jadis vénérées des Idolâtres , ont toujours la même valeur aux yeux des Mahométans ; et à cela près que les pierres qu'on lançait autrefois contre les mauvais Génies que Ton supposait se retirer dans la vallée , sont aujourd'hui jetées au Démon , c'est absolument le même rite. Les Arabes avaient coutume , lorsqu'ils faisaient le pèlerinage de la Mecque , d'immoler la femelle d'un chameau , et de proférer le nom de la Divinité à l'instant qu'on lui coupait la gorge }
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ce qui devait aussi se pratiquer toute autre fois qu'il arrivait de tuer un animal ; Mahomet substitua seulement le nom du vrai Dieu , et conserva au reste la forme du sacrifice. Enfin ses sectateurs ont emprunté des Chrétiens l'usage d'aller aux mosquées se faire réciter sur la tète des chapitres duKoran, comme ceux-ci se font dire l'Évangile.
Telles sont les pratiques que les Mahométans ont tous indistinctement retenues , qui pour la plupart faisaient partie du culte que l'on rendait aux Divinités païennes , et qui se retrouvent encore dans celui du vrai Dieu.