PREFACE
JLi ouvrage, çpr la Grèce que nous publions, aurait dà paraître au printems dernier: des accidens eu ont différé la publication de quatre à cinq mois. Imprimé plus 4$t, il aurait marché de pas égal avec les événemens en Grèce, et, dès le commencement, il leur aurait servi de commentaire* Cependant il ne viendra pas trop tard* Les choses qui se .passent dans ce pays doivent moins être regardées comme des nouveautés du jour, que comme des événemens. graves qui ne se développent pas dans un seul instant, et qui doivent être appréciés à fond, à cause de leur importance en eux «mêmes et des conséquences qui s'y rattachent.
C'est pour . les hommes réfléehfcsans qui, dans la : situation actuelle, entrevoient l'avenir de la Grèce, que nous avons écrit* Nos éclaircissemens sur l'état
présent du pays aideront leur jugement tant sur ce qu'on y fait, que sur ce qu'on devra y faire pins tard, et chacun, en comparant les besoins du pays que nous dévoilerons avec les mesures qu'on prend et qu'on médite pour les satisfaire, sera pins à même d'apprécier la marche du nouveau gouvernement à mesure qu'elle continuera à. se développer. Quant à la ré* gence, qui pour nous s'est identifiée avec la Grèce, parce que la Grèce a été confiée à ses soins, orç ne pourra pas supposer d'Autre dessein, à l'exposé de nos vues que le désir, de lui être utile dans l'accomplissement de ses oeuvres qu'il faut connaître pour en comprendre les difficultés et sentir la. nécessité du concours franc et cordial de tous les hommes qui ont étudié le pays qu'elle est appelée à gouverner* D
ne s'agit pas du tout d'une chose indifférente (et peutêtre de la plus indifférente du monde), c'est-à-dire, d'avoir raison sur tel ou tel point, de censurer telle mesure, ou de lui en préférer telle autre, mais de montrer avec bonne foi les besoins et les ressources de la nation, et de faire Valoir ses droits. Le reste doit être abandonné à ceux qui sont au centre des affaires, et avant tout, confié à celui qui dirige les coeurs et les oeuvres des hommes. C'est toi qui seul a sauvé
vu
la Grèce de la destructiôû et ^qui tient eacpre é
dae sa main éternelle pour la protéger.
Du reste l'administration de la régence sera de peu de durée: à peine pourra-NeHe* ébaucher les affaires et les institutions générales avant qu*elje ait atteint le terme.de sa carrière ; mai* h sort de' la Grèce durera, et sa régénération , telle' quelle se présente i
nos regards , est subordonnée à des travaux et à des
entreprises de longue haiehie: peut-être la vie d'un
homme ne suffira- 1- elle pas pour la conduire jusqu'à
la fin de la marche tracée dans ces feuilles, et pour
lui assurer toutes les chances favorables dç son avenir*
Sons ce rapport nous pouvons dire avec quelque rai*
son, comme un des auteurs de l'antiquité grecque, que
notre livre n'est pas écrit pour F amusement dumo-
ment, mais pour l'usage du teins présent et à vfenir.
Pour réussir dans la grande et sublime oeuvre de la régénération de la Grèce, il faut pif océder avant tout avec une parfaite connaissance de cause, d'après un plan arrêté et dont les bases restent inébranlables, malgré tontes les modifications qu'on pourra admettre dans le détail. C'est là dedans, que Ton reconnu!-
tre: l'esptit. du gouvernement, puisque nfcOe part cet esprit n'est antre chose que ïapâtude pins ou moins gnafc 4 .»-,.:. le, *fc.-» t. poiM. d, ™, j«t»'«t«&iA<wx, à jpp^cier lw ntan et à satisfaire à leurs exigences. Cet esprit il fast le mon-
irer, dès le -commencement,* entoure de quelque force et
de quelquç grandeur, pftnr grandir en forces intérieures
et en. considération vis-à-vis des autres; de plus il faut
lui rester fidèle.. Les états, comme les individus,
n'ont ^u'nne sente réputation à perdre, et de fait Sa
la perdent autant en chancelant qu'en faisant mal»
Un caractère' bien, tranché se montrera dans toutes les occurences. % C'est sons ce point de rue, qui domine les antres, qu'on doit envisager" #n damer lien les grandes questions qui regardent la Grèce. ,
* Nous' avons mis d'autant "plus de soin à les ap-
yrofondir; '. qu'il s'agit ' ici de contribuer à accomplir nue œuvre à laquelle, depuis douze ans, et lies forces
des, grandes * puissances de l'Europe et Ja sympathie de ses peuples ont concouru,- et dans la réalisation de laquelle le bien-être de la Grèce, l'intérêt et en quelque sorte même le salut tle 1 Europe ée .trouvent engagés.
J'ai à relever un inconvénient qui regarde fa dindon de cet ouvragd
Le premier volume se compose de deux parties, dont la première traite des événemens survenus en Grèce depuis l'arrivée du Président Jean Capodtetria jusqu'à celle de Sa Majçpté le roi Othon, et dont la seconde développe la situation du pays et les mesures requises pour y établir le gouvernement royal. Cette seconde partie devoit être composée de cinq sections et finir à la page 264 , où Ton en trouve lepilogne.
Le second volume, traitant des moyens de restaurer la Grèce, devait commencer par les sections sur l'état statistique, physique et moral de la Grèce, qui en forment en quelque sorte la base.
On verra que par une méprise, amenée par mon éloignement de l'endroit de l'impression, la seconde partie du premier volume, au lieu de finir avec la cin-
qnième section, embrasse encore la sixième, la septième' et la huitième et entame les matières réservées au second volume; de plus, on trouvera que ce second
volume, an lieu de recommencer le nombre des sections, les continue en commençant avec la neuvième. Je dois donc prier le lecteur d'excuser ce dérangement , qui du reste ne regarde que la forme extérieure de la division sans attaquer le plan de la composition même.
Poitsoriptuntr Qu'on me permette, de dire quelques mots encore sur l'impression de l'ouvrage. Je regrette que les sept premières feuilles soient si gravement défigurées par des fautes d'impression, contre la langue et le sens même; il n'était pas possible d'y remédier sans amener de nouveaux retards. Ce n'est qu'à la huitième feuille qu'on a pu prendre les mesures requises dès le commencement, c'est-à-dire, qu'on a confié la correction des épreuves à un homme capable de la' bien soigner, et d'étudier un peu le manuscrit, qui du reste avait été revu avec attention par deux Français possédant très-bien leur langue.
SOMMAIRE DES SECTIONS
CONTENUES