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A*aÈ8 avoir montré, dans le premier volume, la aitaation de la Grèce et les moyens à employer pour, arriver à sa pacification, nous tâcherons, dans le second, de faire voir son organisation et sa constitution définitive* Pour arriver à ce but il fant s'assurer de la nature et des ressources du pays, de l'état actuel de l'agriculture , des métiers, du commerce, des écoles et de l'église , aussi bien que ' des différentes branches* de son. adwnistratien générale. Ce n'est qu'après une connaissance exacte des causes, qu'on pourra juger des mesures à prendre et des moyens à employer pour faire refleurir la Grèce sous l'égide d'institutions nouvelles. Sans vouloir préjuger les questions importantes qui se présentant, non* devons cependant Eure ressortir ici une difficulté que se rattache à presque toutes les matières que nous aurons à développer.
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La Grèce est un j>ays qui a, plus que tout autre, son génie et son caractère propres, ne ressemblant à aucune partie de l'Europe, soit dans ses moeurs, soit dans ses ^institiiti^. .Ce , même peuple a pourtant besoin d'être, pour ainsi dire, refait, puisque tout à peu près y est arriére', ou dans un état de délabrement; et cette régénération ne parait pou* voir s'opérer qu'en introduisant des fois et des usages qui: appartiennent à une civilisation étrangère à son sol»
Quelle sera donc la marche à suivre? faudra* t-îl procéder de manière à ce que les nouvelles institutions effacent ce qu'on y trouve d'original et de caractéristique, afin que la Grèce, jetée dans le moule européen, en sorte entièrement changée, et façonnée à notre manière' de vivre, de penser et d'agir? Rien ne serait plus facile que de commencer une telle métamorphose, et à force de décrets et d'encouragemena on irait loin en peu de tems. La Grèce ne serait phs jgnères qu'une province calquée sur l'Europe, mais, quelque semblable que pût être la copie, elle n'en ferait pas moins bizarre; et ee qu'il y a de plus beau et de plus original dans ee peuple, disparaîtrait s*»& teteur. ■*".• v ■
Heureusement il y a une autre manière d'aider
1» ffoèce, sans hd ;flter ion . originalité. ; fr s'agit tdfé* tarifer le pays, : d'en pénétrer le caractère, et d'en eënr naître les véritables besoins. En procédant ainsi, loin de ! vouloir détruire ' ce qu'il y a d'indigène et de ' sincère, on tâchera de mettre notre expérience à profit* pour réparer ce qu'il y a d'endommagé, en y joignant les parties qui manquent sans défigurer celles que les siècles et les malheurs ont ménagées; on cherchera donc la nouvelle force, non dans les coutumes étrangères, mais dans le développement des institutions ûh dignes, et dans 1 élan des sentimcns nationaux.
Il est; vrai que ce chemin est plus difficile à trouver que l'autre, puisqu'il passe par les détours de l'histoire et des traditions; et après" y être entré, on éprouvera pins de peines à le suivre. B £mt même feire abstraction de sa personne, et surtout aimer la Grèce, pour ne pas abandonner ce sentier ardu, mais aussi le résultat qu'on obtiendra sera -t- il tout antre. Bientôt le pays reprendra son élan sans être attaqué dans sa nature , et le peuple , tout en restant intact, se trouvera rajeuni dans ses propres, moeurs et ses usages par une force qui lui viendra de l'intérieur. Il grandira sans se séparer de la carrière de son génie, et finira par atteindre un avenir digne de lui