‹ De l'état actuel de nos connaissances sur le daltonisme [electronic resource]Chapitre 4 sur 4 · I. Cécité pour le rouge et le vert avec acuité visuelle · texte numérisé non relu

I. Cécité pour le rouge et le vert avec acuité visuelle

quantitative pour le lumière rouge ou entièrement intacte o\i peu diminuée.

II. Cécité pour le rouge et le vert avec raccourcissement plus ou moins grand du côté gauche du spectre; cécité pour la lumière rou2;e.

Dans le premier cas le rouge spectral parait jaune foncé, dans le second entièrement noir.

III. Cécité pour le bleu et le jaune avec acuité visuelle quantitative normale pour la lumière bleue (ou peu diminuée).

IV. Cécité pour le bleu et le jaune avec raccourcissement du côté droit du spectre.

V. Cécité pour toutes les couleurs. L'acuité visuelle quantitative pour la lumière rouge ou bleue peut-être normale où iaire défaut; il y a dej différences sous ce rapport comme il y en a dans le daltonisme partiel.

(0 II résulte des lois, d'après lesquelles qu'il faut un peu de rouge pour obtenir le brun, au rouge normal etc., ce qui est peu important et

les peintres mêlent les couleurs matérielles, comme couleur de confusion corresponJan t n'attire en rien les résultats obtenus.

Quant au daltonisme acquis, il se rencontre seulement dans les maladies du nerf optique et celles des centres nerveux, mais jamais dans les maladies de la choroïde et de la rétine.

Nous allons maintenant nous o.ccuper du diagnostic. Les tables complètes des couleurs de confusion montrent clairement quelles couleurs il faut choisir pour faire l'examen des daltonistes. Ce sont les couleurs absolument identiques pour les daltonistes, les vraies couleurs de confusion déterminées d'après la méthode, que j'ai eu l'honneur de vous exposer. Vous voyez, en regardant les tables, qu'il y a assez de couleurs, qui ne se présentent pas aux yeux daltonistes comme aux yeux normaux, mais tout autrement; et cependant les daltonistes distinguent très bien ces couleurs ; il y a des différences pour les daltonistes comme pour les yeux normaux, et même il y a dans quelques cas des différences plus éclatantes que pour les yeux normaux, parceque les deux couleurs antagonistes, qui composent le système de ces personnes, se neutralisent. Cela fait que les daltonistes assez souvent subissent sans se tromper l'épreuve de Holmgren, qu'ils réussissent même â distinguer si bien les couleurs, qu'on a cru avoir guéri le daltonisme au moyen d'exercices méthodiques. Mais qu'on choisisse de vraies couleurs de confusion, et le daltoniste sera pris quelque exercé qu'il soit.

C'est tout à fait égal, Messieurs, de prendre des laines, des papiers colorés où les tables pseudo-isochromatiques, pourvu qu'on prenne toujours de véritables couleurs de confusion.

Je crois du reste, que la méthode pseudo-isochromatique, lettres et figures colorées sur fond de couleur, est déjà assez avancée pour qu'on puisse faire le diagnostic de la cécité pour le rouge et le vert avec sûreté, sans vouloir nier toutefois, qu'on la puisse développer encore davantage. Mais pour la cécité pour le bleu et le jaune, ainsi que pour la cécité pour toutes les couleurs, il faut faire encore des études pour trouver pour tous les cas possibles des couleurs de confusion suffisant au diagnostic. Je crois. Messieurs, avoir montré un peu le chemin, dans lequel il faut marcher.

La commission internationale, que nous souhaitons d'établir doit travailler avec une parfaite impartialité.

On aurait tort d'imposer une méthode officielle aux médecins, qui s'occupent de l'examen des employés des chemins de fer et delà marine. Si nous cro5^ons avoir aujourd'hui une bonne méthode, demain une meilleure pourra se présenter. Que la commission internationale commence ses travaux, qu'elle examine tous les moyens que nous avons trouvés' jusqu'ici pour faire le diagnostic; la commission peut recommander une méthode, en déconseiller une autre et publier ses résultats. Mais elle aurait tort d'introduire par les gouvernements des méthodes officielles. Ce qui doit être exigé sans aucun doute, c'est que les médecins employés pour faire l'examen des daltonistes soient des spécialistes, et qu'une commission composée de médecins et d'employés supérieurs fasse l'examen décisif sur le terrain.

Du reste. Messieurs, c'est à l'heure qu'il est le devoir des gouvernements de s'adresser à nous, et non à nous à solliciter l'appui des gouvernements.

Extrait du Congres périodique international d'ophthahnohgie.

Milan -1881 - Imprimerie Philippe Poncelletti, Rue Brolcuo, 43.

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