INTRODUCTION
« Avec ce diable d'homme, le grand problème est toujours de savoir où le comédien commence. »
C'est ainsi que Baudelaire s'est décrit dans une de ses nouvelles sous les traits de Samuel Cramer, son héros.
« Chaste comme le papier, écrit-il encore dans une préface de « Fleurs du Mal », sobre comme l’eau, porté à la dévotion comme une communiante, inoffensif comme une victime, il ne me déplairait pas de passer pour un débauché, un ivrogne, un impie et un assassin. »
Que doit-on retenir de ces lignes? Faut-il ne voir dans l'écrivain que le mystificateur qui a toujours abusé de la crédulité de son lecteur, comme d'aucuns l'ont prétendu ; faut-il, au contraire, ne voir en lui que le fou mégalomane tel qu'il a été jugé par Lombroso ?
Il nous semble qu'après avoir étudié son “œuvre, en connaissant les détails de son existence, ses habitudes, ses goûts, on peut avoir une connaissance exacte de son caractère et de son tempérament. Ce n'est pas attaquer le génie du poète que de signaler ses tares physiques et ses défaillances cérébrales. Fut-il ou non un toxicomane et un névrosé, c'est la double question à laquelle nous nous proposons de répondre dans cette étude.