M. NATALIS GUILLOT
l'ROFESSEUR DE PATHOLOGIE LMERNE A LA FACULTE DE MÉDECINE DE PARIS, MÉDECIN DE l’hOPITAL NECKER, '
OFFICIER DE LA LÉGION d’hONNEUR, ETC., ETC.
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PRÉFACE
D’assez nombreuses difficultés entourent le diagnostic de cette névrose générale, que j’ai cru devoir appeler Nervosisme. Sa nature est souvent méconnue. On la considère encore très-souvent comme une maladie organique des appareils troublés dans leurs fonctions ; comme une altération du sang ; comme une névrose de l’estomac ou des viscères ; comme de Thystérie ou de riiypocondrie; et il importe de dissiper les obscurités qui environnent son histoire.
Tel est le but de ce livre. On y trouvera les preuves de l’existence du nervosisme et le tableau des formes sous lesquelles on peut Tobserver. C’est la reproduction des idées que j’ai émises à la Faculté de médecine, en 1856, dans mon cours sur les lorsque j’eus rhoniieur de suppléer le savant professeur Duméril, et, en 1858, h l’Aca-
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démie de médecine , dans une lecture au sujet de laquelle M. Gibert a fait un court et brillant rapport.
Toujours surpris de voir saluer inconsidérément du nom àliypocoïidriaqiies ou à' hystériques des hommes intelligents sérieusement malades , n’exagérant rien de leurs douleurs et ne souffrant pas de leurs bypocondres, ou des femmes délicates que tourmente le système nerveux en général, sans nulle participation à' érotisme ou de désordre utérin^ il m’a semblé qu’une révision des groupes de la classe des névroses, pouvant obvier à ces inconvénients, devait être une chose utile à la science et à la pratique médicales. Guidé par l’étude consciencieuse et attentive des malades, j’ai été ainsi conduit à constituer, aux dépens de plusieurs affections nerveuses, et notamment de V Hystérie et de V Hypocondrie ^ une névrose générale comme elles, comme elles aussi , caractérisée par la fédération d’un certain nombre de troubles nerveux du mouvement, des sens, de l’intelligence et des principales fonctions. A mes observations particulières, j’ai réuni celles que m’ont fournies d’obligeants confrères ou leurs ouvrages, MM. Muette, Boullay, Cerise, Gillebert d’Hercourt, Beau, Fleury, Sandras, Amédée Latour, etc., celles que j’ai em-
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pruntées à Tissot, Esqiiirol , Pinel, Lherminier, Chomel, Barras, à MM. Bouillaud, Landry, Yvaren. Briquet, etc., et qui , pour être envisagées autrement qu’il ne convient ou attribuées à d’autres causes que la véritable, ne sauraient changer de nature. Ainsi, des maladies qu’on a souvent désignées et qu’on désigne quelquefois encore, sous les noms de Dyspepsie, de Gastralgie, d’Aliénation mentale , de Paralysie générale, de Toux nerveuse, de Palpitations, de Paralysie, de Délire, etc., etc., par suite de leur phénomène principal, ne sont pour moi que le symptôme secondaire d’un ensemble morbide plus complexe bien déterminé où se trouvent d’autres désordres du système nerveux, dépendant d’une cause toute générale, et appartenant à la névrose que je me propose de faire connaître dans tous ses détails.
Ce sont des faits que je n’ai eu qu’à changer de place et à classer sous un autre nom pour les mettre dans leur véritable jour. D’autre part, il y a des accidents nerveux multiples et protéiformes qui accompagnent plusieurs Nosoliémies ou Altérations du sang, et notamment la Chlorose, ce que le professeur Bouillaud a fait connaître avec une rare précision; certaines Convalescences, quelques maladies chroniques , surtout la Syphilis constitution-
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iielle (1), et qu’on envisage comme la conséquence presque exclusive de l’anémie, sans vouloir penser que cette altération du sang est aussi souvent la conséquence que le principe du mal. Je considère ces faits d’une façon différente, car ils rentrent dans la catégorie de ceux que je me propose d’étudier, et j’ai été heureux d’en pouvoir faire mon profit.
Tant d’exemples, récents et anciens, d’une signification évidente ont simplifié mon travail, et l’observation minutieuse, exacte et complète de tous les symptômes offerts par les malades m’a fortifié dans le désir de faire prévaloir une idée dont je ne serai peut-être que Téclio affaibli et impuissant. La tentative que je fais aujourd’hui pour constituer à l’état de névrose particulière, l’état nerveux owïier^ vosisme^ a déjà été faite au siècle dernier par Robert Wbytt, et de nos jours encore par Pougens, M. Cerise, etc. Elle n’a que très-médiocrement réussi, car la nosographie n’en a aucunement profité, et la connaissance de cette névrose est encore aussi incomplète que peu répandue. Si, parmi les maîtres de la Faculté de Paris, à laquelle j’ai momentanément l’honneur d'appartenir, il en est qui lui dénient l’existence, ainsi qu’on peut le voir dans un discours de M. le professeur Piorry, à l’Académie de
(I) P. Yvaren, Des métamorphoses de la syphilis.
PREFACE
médecine, au sujet de mon travail, d’autres sont mieux disposés, et il ne leur a peut être manqué que l’occasion d’en fournir la preuve. Que MM. les professeurs P. Dubois, Cruveilliier, Rostan, Natalis Tiuillot, à qui j’ai entendu professer les idées que je soutiens, me permettent donc d’exprimer ici ce regret, qui sera partagé de tous ceux qui estiment, comme il convient, leur esprit d’observation. De leur part, avec une autorité légitime, cette innovation eût été couronnée d’un succès que je n’obtiendrai peut-être pas; mais qu’importe: chacun doit obéir aux impulsions de la science et se mettre à l’œuvre, lorsqu’il y a une vérité à répandre ou à soutenir.
Paris, 30 novembre 1859.
EKRATA.
Page 17, ligne 15, au lieu de : il y avait lisez ; il y a
— 19, ligne 12, au lieu de : il peut lisez : néanmoins ce dernier peut
— 30, ligne 2 de la note, au lieu de : la névrose lisez : les névroses
— 32, ligne 21 au lieu de : Dans ce cas lisez : Dans ces cas
— 33, ligne 16, au lieu de: de ce genre lisez : du même genre
— 38, au lieu de : Hydrhémie lisez : Hydrémie
— 53, ligne 6, au lieu de : fièvres lisez : fièvre
— 53, ligne 8, au lieu de : obligés de garder le lit lisez : obligés après de
garder le lit
— 64, ligne 20, au lieu de : alanguissement lisez : allanguissement
— 66, ligne 7, au lieu de : chez les uns des papillons noirs lisez : chez les uns
ce sont des papillons noirs
— 75, ligne 2, au lieu de : éructations lisez : éructation
— 81, ligne 14, au lieu de ; ces organes lisez : ses organes
— 93, ligne 7, au lieu de : asthésie lisez ; asthénie
— 124, ligne 12, au Ziew de : Sel neutre de bismuth Zîse* ; Sous-nitrate de bis-
muth
— 143, ligne Z, lisez : Cette manière de voir a été adoptée
— 148, ligne 18, au lieu de : et la contracture lisez : ou la contracture
— 225, ligne H, lisez : La différence se montre surtout entre l’état aigu et l’é-
tat chronique.
— 226, ligne 1, lisez : et dans ses formes
— 226, ligne 2, au lieu de ; qui set lisez : qui se
DE
L’ÉTAT NERVEUX
ou
NERVOSISME