CHAPITRE XII
Le traitement du nervosisme est, comme celui de toutes les maladies générales et de toutes les diathèses, une chose complexe et difficile ; complexe, en raison de la multiplicité des désordres à combattre, et j'ajoute difficile, à cause de l'obscurité qui enveloppe encore la nature du mal. — Toutefois, avec l'intelligence des causes occasionnelles, de la marche et des effets secondaires du nervosisme, la science peut le combattre avec avantages; et si elle
ne le guérit pas certainement, du moins elle soulagera toujours les malades. — C'est une (juestion de temps; et, à l'exception de certains cas de nervosisme aigu qui guérissent très-rapidement, il faut des mois et quelquefois des années de soins attentifs pour entraver la marche envahissante du nervosisme chronique. Sous cette dernière forme, il est rare que la maladie guérisse parfaitement, et la médecine n'a d'autre pouvoir que de soulager en produisant une amélioration considérable.
Si tous les troubles nerveux que j'ai indiqués, en racontant l'histoire du nervosisme aigu et chronique, se produisaient sans exception chez tous les malades, la situation serait la plus cruelle qu'une maladie pût engendrer. Il n'en est heureusement pas ainsi. Le nombre des troubles fonctionnels varie avec la gravité et l'ancienneté du mal. Il n'est jamais plus considérable qu'aux approches d'une terminaison malheureuse, ce qui modifie singulièrement, ainsi qu'on le devine, le traitement à mettre en usage.
Parmi les indications que présentent les individus atteints de nervosisme aigu et chronique , il y en a quatre qu'on peut formuler ainsi : T attaquer la cause du nervosisme; 2° fortifier la constitution, qui est ordinairement affaiblie ; S*" combattre les troubles nerveux locaux par des moyens appropriés; 4° arrêter le développement des complications.
1° Attaquer la cause du nervosisme.
292 DE l'État nerveux ou nervosisme.
— Ce n'est pas toujours chose facile que de découvrir la cause d'une maladie. Mais, dans le nervosisme, cette recherche est moins souvent infructueuse que partout ailleurs. La connaissance du tempérament et de la constitution des malades, de l'influence héréditaire qui domine leur organisation; de leur âge et de leur position sociale; de leur manière de vivre ; de leurs occupations et de leurs habitudes ; de leurs malheurs ; de leurs passions et de leurs excès; de leurs maladies antérieures, telles que la syphilis secondaire, les hémorrhagies, la diarrhée, les dartres générales, etc. ; des fleurs blanches et des maladies de matrice ; des grossesses et de l'allaitement, des pertes séminales, etc., etc., permet aisément de découvrir la véritable nature des phénomènes observés dans le nervosisme.
Tout ce qui est susceptible d'agir profondément sur le système nerveux, directement comme l'influence héréditaire, les impressions morales vives, et les excès de travail ; ou indirectement comme la syphilis, la pléthore et les nosohémies chlorotiques primitive et secondaire , doit être pris en sérieuse considération, quand il s'agit de déterminer la thérapeutique à mettre en usage : « Si ergo sine discrimine (( exhibeantur remédia, siveplethoraî, sive inanitis « peccet, \idetis facile, quod optima medicamenta (1 sœpe possint fieri perniciosissima (J ) . »