‹ De L'Exagération Des Réflexes Tendineux Dans L'HystérieChapitre 3 sur 50 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Se hasarder à écrire un travail sur l’hystérie aurait paru, sans doute, il y a deux ou trois ans, bien fastidieux et bien suranné : depuis Charcot et la merveilleuse école de la Salpétrière, tout semblait dit sur cette névrose. Les discussions du Congrès de Neurologie de Genève-Lausanne (1907), du Congrès National de Psychiâtrie d'Amsterdam (1907), les débats, plus récents encore, à la Société de Neurologie {9 avril et 14 mai 1908) ont bien montré que l'accord n'est pas encore fait sur bien de ses troubles et de ses stigmates. Et c’est un fait bien curieux et bien instructif pour l’histoire de la neuropathologie et de la médecine modernes, que de voir se faire, en France même, cette revision de l’hystérie, en même temps que celle de l’aphasie, deux questions qui semblaient pourtant bien étudiées depuis longtemps dans ce pays où elles ont pour ainsi dire pris origine.

Ceux-là même qui avaient contribué pour une grande part à bâtir le vaste monument de la grande névrose, parlent de saper jusqu’à ses fondements, jusqu'à ses sligmates qu'ils considèrent actuellement comme des bases trop fragiles. Ils veulent abattre l’ancien temple el, avec ses débris et sur d’autres bases, en reconstruire un autre, plus peut, sans doute, mais plus résistant et plus solide. Se faire l’architecte d’une pareille œuvre paraîtrait bien audacieux de notre part, Aucun

D ARE plan n’a encore réuni l'unanimité des suffrages ; ils sont encore nombreux ceux qui pensent que l'édifice, tel qu'il est, n’a nul besoin d’être détruit.

Il est en tout cas un travail auquel tous attachent le plus grand prix : c’est la revision de tous les matériaux de l’œuvre. Garder tous ceux quien font partie intégrante, rejeter ceux qui ne lui sont pas propres, l'épurer de mille détails surajoutés qui compromettent sa solidilé et déparent son architecture : tel est le labeur fécond qui à l'heure actuelle se poursuit.

L'on ne trouvera pas téméraire que nous ayons voulu y contribuer pour notre modeste part, bien examiner sous toutes ses faces l’une des pierres du temple Hystérie, que certains veulent en chasser, qui pour d’autres doit conserver une des bonnes places : nous voulons parler de « l’exagération des réfleres tendineux dans l'hysténe ».

Notre Maître, M. le professeur Grasset, à qui il nous est permis d'exprimer aujourd’hui toute notre estime et notrereconnaissance, avait depuis longtemps été frappé par l’existence de réflexes tendineux exagérés et de clonus du pied dans des paralysies qu'on ne saurait attribuer à une lésion organique. Malgré l'opinion de quelques neurologistes, il n'en à pas moins persisté, dans cerlaines de ses expertises médico-légales, à rattacher cette exagération à l’hysléro-traumaltisme. C’est cette idée qu'il nous a confiée depuis déjà quelques mois ; nous l’en remercions et sommes tout heureux que celle question, depuis les discussions à la Société de Neurologie, soit de nouveau tout à fait à l'ordre du jour.

Sinous n'avions entrepris ce travail depuis déjà quelque temps, peut-être aurions-nous eu quelques hésitations en entendant le président de la Société neurologique résumer l'opinion de ses collègues en ces lermes : « pour ce qui est

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