‹ De L'examen des selles des nourrissons: Réaction du sublimé acétique: Méthode de Schmidt-TribouletChapitre 11 sur 21 · CHAPITRE Il · texte numérisé non relu

CHAPITRE Il

Technique de la recherche de la stercobiline et des pigments biliaires dans les selles.

Différents procédés ont été employés en chimie pour rechercher l& stercobiline dans les selles. à

Procédé de Van Lair et Masius (1). — En traitant les fèces par un mélange d’alcoo! (17 parties) et d'acide sulfurique (3 parties),en agitant l’extraitavec du chloroforme, on isole une matière colorante, qui présente les réactions de l’urobiline, c'est-à-dire la fluorescence avec le chlorure de zinc ammoniacal, ou qui présente les mêmes réactions spectroscopiques que l’urobiline.

Procédé de Chaufjard. — En agitant les matières fécales avec le chloroforme, on entraine la stercobiline qui prend une teinte rouge et où l’on peut déceler la réaction spectroscopique caractéristique.

Procédé de Gilbert et Herscher.— On peut agiter les

(1) Lemaire de Dunkerque.--Æcho médical du Nord,10 janvier 1909.

fèces avec l'alcool amylique et pratiquer sur l'extrait obtenu la réaction de fluorescence avec le chlorure de zinc ammoniacal,ou l'examen spectroscopique.

Ces deux procédés emploient done, l’un, l'alcool amylique, l’autre, le chloroforme. On peut les remplacer par l'alcool absolu (Steensma). ou par l’éther acétique (Florence).

D'ailleurs, si c'est du stercobilinogéne qui se trouve dans les fèces, il suffit d'ajouter quelques gouttes d’un oxydant pour transformer le chromogéne en stercobiline.

Procédé de Morel et Monod (1).— 2 à 3 centimètres cubes de fèces sont additionnés de dix fois leur poids d'alcool éthylique à 95 +, et chauffés au bainmarie au réfrigérant ascendant.

La solution alcoolique, séparée du coagulum par essorage, est concentrée dans une capsule au bainmarie à 3 centimètres cubes , ce résidu refroidi est additionné d’une goutte de réactif d’'Obermayer dilué à 1 pour 100,puis de 2 centimètres cubes de réactif à lcétate dei,

ACÉLILERNE ZINC 1 gramme.

Alcool éthylique à 95 0, 100 grammes.

ACtdemAceqUe ee. jusqu'à clarification.

. La capsule est abandonnée pendant 24heures à l'abri des poussières ; on clarifie le mélange par filtration ou par centrifugation ; on verse dans un tube à essai et on examine la fluorescence que l’on

(1) MoREz et Monop. — Comptes-rendus de la Société de Biologie, 15 février 1908.

observe avec des quantités très minimes d’urobiline.

Plus récemment, Schmidt (1), en Allemagne, traite les fèces par le sublimé ; il constate que la stercobiline donne, par ce procédé, une réaction rouge, d'autant plus intense que la selle était moins colorée. D'ailleurs, cette même réaction peut donner une coloration verte, due à la présence de bilirubine, c’est alors un signe de lésion de l'intestin grèle. Enfin, l'absence totale de réaction rouge ou verte par ce procédé, indique dans les selles grasses, lexclusion absolue de la bile dans l'intestin.

Il y a plus de dix ans, le même Schmidt, J.-Ch. Roux en France, avaient recherché la stercobiline en ajoutant au sublimé de l'acide acétique.

M. Triboulet (2) a repris cette réaction ; comme la précédente, elle permet en même temps de déceler la présence de pigments biliaires normaux, en l’absence de pigments normaux ou modifiés. Voici la technique qu'il emploie :

€ Il y à lieu, autant que possible, de faire agir le réactif avec une selle fraichement émise, la réaction variant peu, mais pouvant cependant varier avec une selle émise depuis plus d'une heure. :

Après avoir constaté l’alcalinité, l'acidité, ou le caractère neutre de la selle à examiner, on met

(1) SCHMIDT, — L'examen fonctionnel de l'intestin par le régime d’épreuve, p. 32. Trad. Kolbé.

(2) TRIBOULET. — La Clinique, 12 mars 1909.

LLLYESE

gros comme une noisette de matière dans un tube à essai de petit calibre ; on ajoute 10 à 15 centimètres cubes d’eau distillée, on peut avec avantage se servir d’eau chaude tiède, qui dilue plus rapidement ; à défaut d’eau distillée, on peut prendrede l’eau ordinaire, qui ne modifie pas la réaction de façon apparente.

Quand la liqueur a pris une teinte à peu près uniforme, on verse avec un flacon compte-gouttes 8 à 10 gouttes d’une solution de sublimé acétique, dont la forraule est la suivante :

PAU CIS IC rer 100 c3.

SADINIe re 3 gr. 90. PNR TO TONER Er 126

Cette solution employée comparativement avec la solution de sublimé ordinaire donne des résultats plus rapides et plus nets.

Est-il bon de fiitrer? Non; sous l'influence du réactif, on voit se faire une véritable filtration spontanée qui aboutit à la formation d’un DÉPOT, parfois de deux, l’un au fond du tube, l’autre en haut, sur nageant au-dessus du liquide, et, comme nous le verrons, quand il s’agira d'interpréter les résultats, la comparaison entre les aspects des différents dépôts, et entre ceux-ci et les aspects des liquides a la plus grande importance.

Est-il besoin d'attendre vingt-quatre heures? Nullement. Parfois instantanément, d'ordinaire en un quart d'heure, parfois en une demi-heure seulement, exceptionnellement en plus de temps, le tube montre la réaction maxima, laquelle va se mainte-

nir fixée pendant des jours, presque sans modifications (nous avons des spécimens qui datent de vingt jours, de quarante jours, et même de deux mois, à peine altérés dans leur coloration essentielle). Simplicité et rapidité, voilà, je crois, deux qualités qu'on ne refusera pas à cette méthode d'examen des selles. »

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