‹ De L'examen des selles des nourrissons: Réaction du sublimé acétique: Méthode de Schmidt-TribouletChapitre 21 sur 21 · INTERPRÉTATION DES RÉSULTATS · texte numérisé non relu

INTERPRÉTATION DES RÉSULTATS

La lecture de ces observations permet de constater les faits suivants, basés sur près de 200examens:

A} Nourrissons normaux. 11s ont présenté des réactions variant avec leur âge et leur mode d’alimentation. Le méconium des enfants tout nouveaunés a donné constamment une coloration vert noirâtre (tube 4) du dépôt, avec liquide un peu plus clair et trouble.

Les selles jaune serin des enfants nourris &u biberon ont donné la coloration rose fleur de pêcher, avec liquide rose un peu plus clair mais trouble (tube 1) ; les selles jaune d'or des enfants au sein ont donné !a coloration jaune verdâtre avec liquide de même couleur et trouble (tube 3).

B) Nourissons malades — I. Dans tous les cas d'affection n’ayart nullement atteint le tube digestif ou ses annexes (foie), par exemple les cas de bron-

chites simples, nous avons obtenu la réaction de la stercobiline (Obs. IX, X, XII, XIX).

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Dansles cas où l'intestin seul était atteint, diarrhées, troubles gastro-intestinaux divers, nous avons obtenu des réactions, vertes le plus souvent, quelquefois mais rarement grises. Ces colorations grises peuvent bien s'expliquer si l'on admet, ce qui est assez naturel, que la fonction hépatique ait été légèrement troublée au cours de ces affections. Quelquefois, des réactions légèrement rosées peuvent bien s’expliquer par la persistance d'une taible sécrétion biliaire.

Dans les cas où le foie seulétait atteint,témoin l’ictère rapporté à l'Observation XVI, la réaction grise caractéristique de lPacholie pigmentaire est venue ajouter un signe de plus à la décoloration des fèces et à la teinte jaune des tegments. Les cas sont rares, d’ailleurs, dans lesquels l’acholie peut être constatée par l'examen direct des selles; seule, l'épreuve du sublimé acétique peut faire voir l'atteinte de la fonction biliaire.

Ce qui est intéressant dans ces observations, c’est la régularité presque mathématique avec laquelle les variations de colorations reproduisent celles de l’évolution clinique.

Nousavons eneffetobservél'apparition de réactions roses succédant à des réactions vertes, lorsque les phénomènes diarrhéiques disparaissaient (Obs. VIII XIE, XV, X VID, l'apparition de réaction roses succédant à desréactions grises lorsqueles phénomènesictériques disparaissaient(X VD, l'apparition de réactions grises au moment où se déclarait une affection aigue chez un enfant normal ou en convales-

cence qui présentait depuis longtemps des réactions roses (Obs. X VD), l'apparition de réactions roses au moment où les signes physiques ou fonctionnels disparaissent.

ID) Au point de vue du pronostic, nous avons pu constater que tous les cas de maladies fébriles ou de fièvres éruptives qui se sont accompagnés de guérison ou d'amélioration notable ont présenté des réactions variables, roses, grises ou vertes. Pendant les phases les plus graves de ces maladies, les réactions grises étaient prédominantes, avec liquide trouble ou clair, alors qu'aux périodes d’amélioration la fonction stercobiline apparaissait,

Parmi les enfants qui sont morts,deux étaient atteints d’affections fébriles et de phénomènes gastro-intestinaux (I et IV) ; des deux autres l'un était un athrepsique, l’autre un hydrocéphale. Les deux premiers ont présenté desréactions vertes, les deux autres des réactions grises.

Ces quatre cas encore viennent confirmer, comme les précédents, les résultats de M. Triboulet; sil’acholie pour lui est un arrêt de mort pourles enfants chez lesquels elle apparaît au début d’une maladie fébrile ; la réciproque n’est pas vraie et tous les enfants qui ont des réactions roses ou vertes ne doivent pas forcément guérir.

Ce qui, au premier, abord parait en contradiction avec ces idées,ce sont les cas relatés aux observations V,-XIV-et"XV, qui se rapportent à des nourrissons ayant triomphé de maladies fébriles, malgré leur acholie presque compléte pendant une

NN période de la maladie. Mais, comme cette acholie ne s’est pas manifestée dès le début de la maladie, nous pouvons encore les considérer comme venant à l'appui dela signification pronostique de la réaction, telle que son auteur l’a établie le premier.D'ailleurs, dans le cas des observations XIV et XV, l'apparition, ultérieurement, de réactions roses n'a fait que confirmer le pronostic bénin que l'on pouvait porter malgré la présence de réactions grises, puisqu'elles étaient survenues seulement en cours de maladie.

N'ayant jamais observé de maladies graves fébriles ayant présenté dès le début des réactions grises d’acholie pigmentaireavec trouble du liquide, nous ne pouvons pas confirmer le pronostic absoïument fatal de cette coloration survenantà ce momentlà, comme nous avons confirmé tout le reste, c'est-àdire : les colorations dans les cas normaux et dans les cas de maladies ayant lésé le foie ou l’intestin; la valeur pronostique favorable que l’on peut accorder à une réaction rose survenant au cours d'une maladie infectieuse après des réactions jaunes ou grises d'acholie;la faible valeur pronostique d’une réaction verte ougrise survenant au cours d'une telle maladie, même lorsqu'elle survient après des réactions indiquant un bon fonctionnement bilio-intestinal.

Ce qui est plus absolu c’est la signification que l'on peut donner au liquide: chaque fois qu'il était clair comme de l’eau de roche, l’état général était très grave (Obs. XIII, XIV, XVII, XVIII), et même dans quelques cas, comme aux Observations Let II, les enfants sont morts.

CONCEUSIONS

40 L'action du sublimé acétique sur les selles des nourrissons permet d'y déceler la présence des pigments biliaires normaux ou modifiés (stercobiline), ou l'absence de pigments (acholie pigmentaire).

20 Lorsque la cholépoïèse et la fonction intestinale sont normales, les selles renferment des pigments biliaires normaux chez les nourrissons au sein, de la stercobiline chez celui qui est nourri au biberon ou chez celui, qui à cessé toutealimentation purement lactée.

Dans le premier cas, le sublimé acétique y tait apparaître une coloratiou verte du dépôt et du liquide, avec liquide trouble. Dans le deuxième cas, une coloration rose du dépôt et du liquide, avec liquide trouble.

3° Lorsque le fonctionnement intestinal seul est altéré, les pigments biliaires normaux ne sont pas transformés en stercobiline ; le sublimé acétique agissant sur les selles, y fait apparaître une colora-

tion verte du dépôt avec liquide de même couleur et plus ou moins clair.

% Lorsque le foie seul est atteint, il ne fournit plus que de très faibles quantités de pigment, souvent même pas la moindre trace; le sublimé acétique, agissant sur les selles, y fait apparaitre une réaction grise ou blanche, ou jaune terne, avec liquide de même couleur et plus ou moins clair; les selles peuvent être ou non décolorées.

50 Au cours des maladies fébriles et des fièvres éruptives, on obtient des colorations variables, roses, vertes, jaunes, grises; les colorations roses survenant après une série de colorations indiquant l’'acholie pigmentaire, autorisent à penser à une amélioration prochaine; on ne peut pas attribuer de valeur pronostique absolument fatale à une coloration grise ou jaune terne ne survenant pas dès le début de l'affection. Mais la présence d'un liquide clair accompagnant ces colorations jaunes et grises est l'indice d’un état général très grave.

Le President de la Thèse,

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