DU REGLEMENT DE L'ARCHET
CONCLUSIO.'^
Le règlement de Tarchet, c'est-à-dire les « coups d'archet réglés » dont parle Wagner, par parenthèse*, les liaisons, le tiré et le poussé, les coups doubles, incombent directement aux exécutants, sans, pour cela, que les intentions, les indications de Fauteur, ni les rectifications du chef soient altérées.
Dans certains cas, l'initiative du chef d'orchestre est nécessaire pour régler certains points importants, entre autres le tiré et le poussé de l'archet, lorsqu'il s'agit d'interpréter d'une même façon le sentiment du compositeur.
Autrement, ce soin arbitraire appartient aux instrumentistes, soit pour la division des liaisons, soit pour la détermination des coups doubles, où l'individualité de chacun, autrement dit la nature de l'artiste, doit se plier aux exi-
1. « Le « coup d*archet », voilà Viiltima ratio de Messieurs nos Maîtres de chapelle ;... ils battent la mesure, indiquent des points d'orgue, des transpositions, et surtout des « coups d'archet^ » quand et comment il plaît aux chanteurs et cantatrices. » Et pourquoi pas aux instrumentistes?
gences d'une partie doublée, et se restreindre au rôle qui lui est attribué à Torchestre, c'est-à-dire à un quinzième du son ordinaire de Tensemble.
Les auteurs n'étant pas toujours explicites dans leurs indications, se renferment souvent dans la généralité, quant à remploi des signes indicateurs ; ils sous-entendent alors une rectification, laquelle est appelée à rendre l'expression vraie de leurs pensées du côté de l'exécution.
Les compositeurs symphonistes sont généralement plus précis dans leurs indications; ils sont même parvenus à une richesse de signes inconnue jusqu^alors et qui caractérise Técole moderne.
Tandis que les auteurs dramatiques chez lesquels domine le sentiment de la partie vocale, le sont moins; le chant exige en effet moins d'indications, par rapport à sa nature, et par l'adjonction des paroles à la notation équivalant aux accents, aux liaisons, aux respirations. Ce sentiment naturel d'accentuation du détaché par chaque syllabe, du legato de la vocalise, des différents repos, séparant les phrases entre elles, a prévalu dans l'ordonnance des parties instrumentales, et a causé cette abstention de signes indicateurs correspondant à toute indication précise, quelle qu'en soit la nature. Il n'est pas indifférent de faire le rapprochement d'une partie vocale à une partie instrumentale pour concevoir d'une manière explicite l'application des coups d'archet, simples et doubles, ainsi que des liaisons.
Les « coups d'archet sur des notes alternativement longues et brèves » dont il est parlé plus haut, sont ce que nous entendons par « coups doubles ».
Les coups doubles correspondent aux « notes alternativement longues otbrèves » articulées chacune, comme surmontant chaque syllabe de mots composant le texte d'une partie vocale.
L*exemp]e suivant contient Texposé des « coups d'archet sur des notes alternativement longues et brèves » liées d'un côté de deux en deux, constituant des « coups simples » de Tautre côté, articulées de note en note et scandées de deux en deux, produisant des « coups doubles ». — Cet exemple tient du legato de la vocalise et du débit syllabique.
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