‹ De l'existence de Dieu: Lettres sur la religion. Discours pour le sacre de l'électeur de CologneChapitre 29 sur 165 · De nat. deor.> lib. II, n · texte numérisé non relu

De nat. deor.> lib. II, n

autres animaux semblables se trouvent sous la main de l'homme, pour le soulager dans son trayait et pour se charger de mille fardeaux. Ils sont nés pour porter, pour marcher, pour soulager l'homme dans sa faiblesse et pour obéir à tous ses mouvements. Les bœufs ont la force et la patience en partage, pour traîner la charrue et pour labourer* Les vaches donnent des ruisseaux de lait. Les moutons ont, dans leur toison, un superflu qui n'est pas pour eux et qui se renouvelle pour inviter l'homme à les tondre toutes les années. Les chèvres mêmes fournissent un crin long qui leur est inutile et dont l'homme fait des étoffes pour se couvrir» Les peaux des animaux fournissent à l'homme les plus belles fourrures dans les pays les plus éloignés du soleil* Ainsi l'auteur de la nature a vêtu ces bêtes selon leur besoin ; et leurs dépouilles servent encore ensuite d'habits aux hommes pour les réchauffer dans ces climats glaces.

Les animaux qui n'ont presque point de poil ont une peau très-épaisse et très-dure , comme des écailles : d'autres ont des écailles mêmes qui se couvrent les unes les autres comme les tuiles d'un toit, et qui s'entr'ouvrent ou se resserrent, suivant qu'il convient à l'animal de se dilater ou de se resserrer. Ces peaux et ces écailles servent au besoin des hommes.

Ainsi, dans la nature, non -seulement les plantes, mais encore les animaux, sont faits pour notre usage. Les bêtes farouches mêmes s'apprivoisent, ou du moins craignent l'homme» Si tous les pays étoient peuplés et policés comme ils devroient l'être, il n'y en auroit point où les bêtes attaquassent les hommes; on ne trouveroit plus d'animaux féroces que dans les forêts reculées, et on les réserveroit pour exercer la hardiesse, la force et l'adresse du genre humain, par un jeu qui représenterait la guerre, sans qu'on eût jamais besoin de guerre véritable entre les nations. °

Jlais observes que les animaux nuisibles à l'homme sont les moins féconds et qu les plus utiles sont ceux qui se multiplient davantage. On tue incomparablement plus de bœufs et de moutons qu'on ne tue d'ours et de loups : il y a néanmoins incom-

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