II DES ECU TS PHILOSOPHIQUES
nemine, dans la prttace qu'il plaça à la tête de la Démonstration de l txUimce de Dieu, que ce fut sans l'aveu de Fénelon. Mai* ceux entre les mains de qui elle étoit tombée jugèreo' qut* la question étant d'un intérêt si général, et la manié» e dont cette première partie éloit traitée étant accessible à l'intelligence du plus grand nombre des hommes, on pouvoit être excusable de ne pas attendre le consentement de l'auteur pour en faire jouir le public.
Les deux parties du Traité de V Existence de Dieu n'étoient que l'ébauche d'un grand ouvrage que Fénelon avoit entrepris dans sa jeunesse, et qu'il n'acheva pas. Les fonctions qui l'appelèrent à la cour, la controverse du quiétisme, celle du jansénisme, et les devoirs de son ministère, ne lui en laissèrent ni le temps ni la liberté. C'est par cette raison qu'on n'y retrouve point, peutêtre, toute l'exactitude et toute la précision qu'il aiiroit pu lui donner, s'il avoit eu l'intention de le rendre public.
Mais, malgré l'état d'imperfection où Fénelon Ta laissé, « on y retrouve toujours, dit M. de La Harpe, le « mérite le plus rare et le plus précieux : eelui de « joindre naturellement, et par une sorte d'effusion spon- « taoée, le sentiment k la pensée, même en traitant des « sujets qui exigent toute la rigueur du raisonnement ; « et c'est l'attribut distinctif de la philosophie de Fé- « nelon ; c'est ce qui répand sur cet ouvrage une élo- « quence si affectueuse et si persuasive. La première « partie est un magnifique développement de cette grande
DE FÊNELOil III
« et premier e preuve d'un être crfoteuir, tirée de Tordre « et de l'harmonie de l'univers : preuve d'autant plus « admirable qu'elle est à la portée du commun des « hommes, qui la conçoit par le plus simple bon sens, « en même temps qu'elle épuise la méditation du philoce sophe ; cette preuve, saisie en elle-même par le sens « intime, étonne et confond dans les détails la plus « haute intelligence. Fénelon n'a fait qu'étendre et ana* c< lyser ces paroles si souvent citées : Cœli enarrant « gtoriam Dei, Les deux f Montent ta gloire de V Éternel. « Mais c'est en développant cette idée que l'on sent <c mieux combien elle est juste et féconde. Les plus sa- « vants scrutateurs des choses semblent n'avoir travaillé « que pour remplir* l'étendue de cette idée ; mais aucun jl d'eux, ni aucun de ceux qui les ont devancés ou sui- <c vis, ni aucun de ceux qui les suivront, ni tous les « hommes ensemble, s'ils pouvoient se réunir pour creu- « sei 4 cette idée immense, ne parviendraient à en trouver « le terme. Les ouvrages de Dieu iie sont finis que pour <c lui, et seront toujours infinis pour nous. Fénelon ne « fait que suivf e Cicéron dans la brillante esquisse où il « a tracé l'économie du monde ; mais il l'emporte sur « lui dans la décomposition anatomique des différentes « parties du corps humain, beaucoup mieux connues des « modernes que des anciens. Il sait revêtir de couleurs « brillantes tous ces détails scientifiques par eux-mêmes, « mais dont le résultat offre le plus merveilleux spec- « taclc. d