Ep. GXL, ai Honorât., cap. xviu, n
î. Eccli. 9 m t i.
SX
IV. Cet amour, dira-t-on, est un culte intérieur. Mais le culte extérieur, où te trouvera-t-on? Pourquoi supposer que Dieu le demande? Mais ne voit-on pas que le culte extérieur suit nécessairement le culte intérieur de l'amour? Donnez-moi une société d'hommes qui se regardent comme n'étant tous ensemble sur la terre qu'une seule famille, dont le père est au ciel; donnez-moi des hommerqui ne vivent que du seul amour de ce père céleste, qui n'aiment ni le prochain ni eux-mêmes que pour l'amour de lui, et qui ne soient qu'un cœur et une âme : dans cette divine société, n'est-il pas vrai que la bouche parlera sans cesse de l'abondance du cœur. Ils admireront le Très-Haut, ils aimeront le Très-Bon; ils chanteront ses louanges, Ils le béniront pour tous ses bienfaits. Ils m se borneront pas à faimer, ils l'annonceront à tous les peuples de l'univers; ils voudront redresser leurs frères, dès qu'ils les verront tentés, par l'orgueil ou par las passions grossières, d'abandonner le bien-aimé. lis gémiront de voir le moindre refrotdîsseaient de Tamour. Ils passeront au delà des mers jusqu'au bout de la terre, pour faire connoltre et aimer le Père commun aux peuples égarés qui ont oublié sa grandeur. Qu'appelea-vous un culte extérieur, si celui-là n'en est pas un? Dieu teroit alors toutes caoses en fous 1 ; il seroit le roi, te père, l'ami universel; il seroit la loi vivante des cœurs. On ne parlera! que de lui et pour lui; il sereit consulté, cru et obéi. Hélas ! si un roi mortel ou un vil père de famille s'attire par sa sagesse l'estime et la confiance de tous ses enfants, on ne voit à toute heure que les honneurs qui lui sont rendus; il ne fhut point demander où est son culte, ni s'y on lui en doit un. Teut ce qu'en fait pour l'honorer, pour lui obéir, et pour reconnaître ses grâces, est un culte continuel qui saute aux veux. Que seroit' ce donc si les hommes étaient possédés de l'amour de tKeut Leur «ociété seroit un culte continuel, comme celui qu'on nous dépeint des bienheureux dans le ciel.