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Totaux
Ces nombres sont considérables el montrent l'importance des transports de bestiaux sur le réseau français. Nous n'avons pas cru devoir faire la comparaison des prix moyens sur chaque réseau, parce qu'il nous manque un élément important et capital, la longueur du parcours effectué. Sans faire celte comparaison, on peut faire observer que ces prix sont faibles sur chaque réseau, et conclure que toutes les compagnies, loin de percevoir les taxes insérées dans leurs cahiers de charges, ont fait d'énormes abaissements, et contribué, dans la plus large proportion, à l'accroissement de celte partie de la fortune publique.
VIII. — TENTATIVES F.MTES PAR LA COMPAGNIE DE l'eST POUR AMENER EN FRANCE DU BÉTAIL DE HONGRIE.
Le chemin de fer de Munich à Vienne a été livré à l'exploitation au mois d'août 1860, et a complété une ligne non inter-
ilO DE L'EXPLOITATION DES CHEMLNS DE FER.
rompue de Paris à Baziasch, sur le Danube, aux frontières de l'Autriche et des Principautés-Danubiennes.
Cette ligne traverse, de Pesth à Baziasch, les plaines de la Hongrie, sur lesquelles paissent d'innombrables Iroupeaux de bœufs, de porcs et de moutons, qui peuvent donner lieu à un commerce d'exportation très-considérable. Ce commerce existe déjà, dans la direction de Hambourg, sur un parcours de 1 ,286 kilomètres (de Peslh-IIambourg). La compagnie de l'Est a pensé qu'il était possible d'en créer un semblable dans la direction de la France, et elle a fait, pour y parvenir, de nombreux efforts, paralysés au moins en partie jusqu'à ce jour par des causes accidentelles, et qui disparaîtront certainement. Ces causes sont :
Les variations rapides du change en Autriche ;
La grande épizootie de 18C2, épizootie qui a conduit plusieurs gouvernements allemands à interdire le transport des bestiaux provenant du Danube ;
La sécheresse extraordinaire de 1863, qui a causé la mort d'une grande quantité de bétail en Hongrie et en Autriche;
La peste bovine de 1866.
Si ces faits exceptionnels ne se reproduisent pas, il existe entre le prix des animaux, sur le marché de Pesth et sur le marché de Paris, un écart qui pourra déterminer des échanges entre ces deux points.
Le prix des bœufs, sur le marché de Poissy, varie entre 55 et 65 fr. les 50 kilogrammes ;
A PestJj, les prix varient entre 40 et 50 fr. les 50 kilogrammes.
Il y a donc habituellement un écart de 15 fr. par 50 kilogrammes.
Or, la compagnie de l'Est, de concert avec les chemins allemands, a établi des tarifs au départ de Vienne et de Pesth pour Paris, à raison de 72 fr. par tête, de Pesth à Paris (pour des expéditions de seize wagons) ; en supposant un bœuf de 400 ki-
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lo^rainiiii'S, le |iii\ par It'lc it'iin'sciiti' !> Ir. pai- M) kilo^'iaiiiiiies, ce qui laisse un rcail de (i IV. par (|iiiiilal, suriisaiil jx-iiliMrc pour itikIic possible une opératittii connnereiale'. KIJc a, lin reste, déjà été (entée, et plusieurs expéditions par trains coniplels ont eu lieu de Vienne à Paris, i.a durée de ees trains est de quatre-vin{,'t-(ini| lieures, soit liois jours et demi, et rien n'a lait supposer une soulïranee exceptionnelle éprouvée par les animaux.
IN»ur les pores, le prix des MJ kiio^ranunes, à l'oissv, varie iMiIreOSet 78 i'r. ;
.\ Pesth, entre 47 et 52 fr.
I/écart est donc de 21 à 2(i fr., et il explique Ténoi-me exportation qui, de la llon^îrie, se diiij^T sur l'Anj^leterre par llamliourg.
Si l'exportation des lueufs et des porcs de Hongrie pour la I ranee ne se fait pas encore directement, elle pourra se faire indirectement, en ce sens que les bœufs de cette provenance commencent à arriver dans le Wurtemberg, dans le pays de Rade, dans la Bavière et dans la Prusse rhénane, où les acheteurs français peuvent se présenter plus facilement qu'en Autriche et en Hongrie.
M. de Knapp, ministre des finances de Wurtemberg, trop tôt enlevé à son pays, avait, dès louverlure du chemin de Munich à Vienne, compris tout l'avenir que ce commerce pouvait assurer à son pays, et favorisé toutes les mesures destinées à le créer. Il existe, en effet, dans le Wurtemberg, de très-nombreuses fabriques de sucre de betteraves, dont les pulpes conviennent à l'engraissement des bestiaux maigres. Après un séjour de quelques mois dans le Wurtemberg, les bœufs pourront être dirigés sur les marchés français, et l'exportation s'effectuerait en deux étapes.
* Cela ne constitue pas une concui'rence imiwrlante pour les éleveurs français; mais en matière d'alimentation, la question d'mi appoint sur un marcbé suffit pour entraver une hausse exagérée.
En ce qui concerne les porcs de la Hongrie et de la Servie, l'exportation a été tentée sous une autre torme, celle des viandes salées. Les résultats obtenus sont encore très-faibles; l'esprit d'entreprise est pour ainsi dire nul dans toutes les contrées traversées par le Danube, au-dessous de Pesth, et des affaires un peu importantes ne pourront être organisées qu'à l'aide de capitaux étrangers, et surtout qu'avec l'aide du temps.
Pour les moutons, l'importation en France des animaux de la Hongrie et de la Moravie n'est plus à l'état d'étude, et depuis plusieurs années ces transports se font avec une grande régularité. La gare de Strasbourg a reçu, en provenance de Pesth, de Belgrade et de divers autres points de la Moravie et de la Servie, les quantités de moutons ci-après désignées :
1864 141,829 têtes.
Ces animaux arrivent à Kehl par chemin de fer; ils font à pied le trajet entre Kehl et Strasbourg, et arrivent dans cette gare par bandes de 1,500 à 4,800 têtes. Certaines expéditions se sont élevées à 3,600 têtes. Ces moutons sont plus petits que les moutons de la Bavière et du Wurtemberg ; les wagons ordinaires peuvent en recevoir 60 tondus ou 55 en laine. Le prix moyen du transport de Strasbourg à Paris varie entre 2 fr. 50 c. et 2 fr. 55 c. par tête \