‹ De l'exstrophie ou extroversion de la vessieChapitre 5 sur 6 · OBSERVATION · texte numérisé non relu

OBSERVATION

(Extraite de la thèse de M. de Quatrefages. )

Jacques Riel, vacher, âgé de qiiaranle-cinq ans , affecté d'une extroversion de la vessie, de petite taille, fort, musclé, à système pileux assez développé. Sa démarche était vacillante, son corps n'était pas j)enché en avant, il éprouvait des érections dou'oureuses, il avait des pollutions, se livrait à la raa>turbatioii.

Je ne m'arrêterai pas à décrire la forme extérieure de la tumeur, elle présente beaucoup danalogie avec celle du sujet de l'observalion précédente; je n'emprunte que la description anatomique. Les uretères présentent le calibre norinal sans aucune dilatation dans tout leur trajet. Leur direction est régulière; ils descendent dans la cavité pelvienne, puis remontent im peu pour s'insérer dans la vessie. Les reins sont un peu plus volumineux que d ordinaire et légèrement bosselés. L?s capsules surrénales n'otfrent rien de particulier.

L'ombilic est bien plus marqué à la partie postérieure de la paroi abdominale qu'à l'extérieure; il représente un triangle isocèle , dont les deux côtés sont formés par une partie des artères ombilicales devenues fibro-ligamenteuses. La base s'appuie sur le ligament interpubien et quelques fibres fournies par ces mêmes artères; à l'extrémité de et; triangle, on remarque les restes de la veine ombilicale aussi oblitérée.

La liranche horizontale des pubis est un peu plus courte que dans l'état normal. Les corps de ces os sont distants de 4 pouces 6 lignes ;

ils sont unis par un faisceau ligamenteux Irès-fort, qui sépare l'ombific de la turiiéur vës'cale.

On ne trouve d'autres traces de la cavité uréthrale que la gouttière dont nous avons parlé; mais on reconnaît t ncore les diverses parties de l'urcllire. Le bulbe est représenté par une substance ércclile, gorgée de sang, de forme triangulaire , à sommet antérieur, et dont les bords sont en partie recouverts par les corps caverneux , quand on examine le périnée. Puis elle se jiorte d'arrière en avant, devient plus étroite et d'un tissu plus lâche, correspondant à la partie spongieuse de l'urèlhre, et qui, arrivé à Texirémité des corps caverneux, s'épanouit pour former le gland.

Les corps caverneux ont 4 pouce* de long et le diamètre à peu près normal. Leur direction oblique se rapproche bien plus de la transversale. Ils sont séparés dans la majeure partie de leur étendue et réunis seulement à 1 pouce de leur terminaison. De robustes muscles ischiooaverneux occupent leur place naturelle.

Le sac herniaire, dont nous avons parlé, renferme tout l'intestin depuis la fin du duodénum jusqu'au colon descendant ; il paraît formé |)ar le scrotum extrêmement développé. Le testicule droit est à nu au milieu du [.aquet intestinal ; le testicule gauche est logé dans la tunique vaginale, qui ne communique plus avec le péritoine. Tous deux sont extrêmement petits et flasques. La disposition des canaux déférents el des vésicules séminales ne présente rien d'anormal; ces dernières sont seulement plus petites. Les conduits éjaculateurs perforent la proslale et viennent s'ouvrir à la partie supérieure de la gouttière uréthrale. La prostate a la forme et la grandeur naturelles.

La transposition de l'ombilic change la forme de la paroi antérieure de l'abdomen, qui semble uniformément ballonné. Les muscles droits sont très-volumineux; à 3 pouces de leur insertion aux pubis , ils ont 3 pouces 1 ligne de large, et près de 9 lignes d'épaisseur. Les muscles pyramidaux manquent.

Le périnée est extrêmement musculeux ; au devant de la partie spon-

gieuse, que nous avons vue représenter le bulbe de l'urèthre, on trouve un muscle impair, formé d'épais faisceaux transversaux, qui passent d'un corps caverneux à l'autre sans présenter de raphé. A la partie postérieure, cependant, les fibres qui le composent se courbent d'^ivaiiten arrière sur la ligne luédianc, et forment une es( èoe de raphc en se continuant avec celles du sphincter, et plus profondément avec celles du relevour de l'anus e! du Iransverse du périné. Ces deux muscles sont entièrement confondus au point de ne pouvoir être distingués que par le rameau superficiel de la honîeuse, qui perfore la masse musculaire pour s'y distribuer. I/anns est placé beaucoup plus en avant que dans l'éta! normal.

IVÏ. Lautb , en ouvrant le cadavre de Riel , a espéré trouver à l'intestin gréie un diverticulum semblable à ceux qu'on y observe quelquefois; ses recherches ont, en effet, confirmé celte prévision. Ce diverticulum, long de 4 pouces, s'insérai\ dans l'iléon à 25 pouces du cœcum. Les vaisseaux omphalo-riiésentériques étaient très-visibles à la surface, quoique !a matière à injection n'y eût pas pénétré. Non loin de son extrémité, on voyait un point blanchâtre, comme cartilagineux . qu'on peut considérer comme la cicatrice du canal de communication entre l'intestin et la vésicule ombilicale. Cette partie étant renfermée dans le sac herniaire, M. Laulh ne put rt connaître s'il existait un ligament qui se portât vers l'ombilic , comme quelques auteurs l'ont av.incé.

Le bassin offre des changements remarquables. La branche descendante de l'ischion est plus courte que dans l'état normal ; ce qui .joint au raccourcissement de la branche horizontal' des pubis , dim nue le trou ovalaire, au point de n'avoir que 1 pouce dans son plus grand diamètre. Les os des iles sont moins larges que ceux de la femme; mais ils ont la forme évaséo que l'on remarque chez elle. Le détroit supérieur présente une forme lectanguiaire à angies très-peu arrondis. Les extrémités du diamètre transversal corresj ondenl exactement aux cavités cotyloïdes, et celles du diamètre oblique du corps des pubis

en avant, à la j;rande échancrure sacro-sciatique en ariière. Voici, au reste, quelques diamètres du bassin :

D'une épine iliaque antérieure et suj)érieure à l'autre 10 p.

D'une épine iliaque antérieure et inférieure 9 P-

Diamètre transverse du détroit supérieur 5 p. III.

Diamètre anléro-postérieur •' P-

Diamètre oblique ^ P- ^*^ ''

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