HISTORIQUE
L'extirpation n’était pas inconnue des médecins romains et, au dire de Galien, elle était en honneur chez ses centemporains ; lui-même en parle comme d’un moyen sûr et expéditif qu'il ne faut pas toutefois confier à des mains inhabiles parce qu'on court le risque de léser quelques branches nerveuses et de rendre le malade muet (Galien, De loc. affect, bib. D.
Les Arabistes ne paraissent pas avoir pratiqué cette
opération ou du moins les travaux de leurs principaux représentants n'en font pas mention de sorte qu’il faut arriver presque à la renaissance pour trouver une nouvelle application des préceptes de Galien. Vésale, Falloppe, Duret, Sanctorius, A. Séverin, imbus des idées Galéniques, persuadés que les éerouelles, n'étaient qu’une affection purement locale, ont eu recours à tous les moyens de destruction pour les guérir radicalement ; l’extirpation partageait leur faveur avec le fer rouge et les caustiques; et Sanctorius aboutit à cette conclusion. Ergo strumæ nunquam sanabuntur nisi extirpantur. À Paré était, lui aussi, partisan de l’extirpation. « Il y a, dit-il, une autre manière de guérir les écrouelles qui est par la
(1) Poulet, Journ. de méd. Militaire.
Ge
main du chirurgien lorsqu'elles sont au col et superficielles, faisant une incision afin de séparer les parties où elles sont attachées puis serrées et coupées hors. »
Peu à peu l'indifférence succède à l'enthousiasme, particularité qu'on retrouve à différentes reprises dans ce mode de traitement.
D'ailleurs les idées ont changé; on ne considère plus les écrouelles comme une affection étrangère à la crase des humeurs... La bile, l’atrabile, la lymphe sont accusées tour à tour de produire les engorgements des glandes. Aussi les chirurgiens déviennent-ils plus timides et s'adressent-ils à des moyens de traitement généraux, à l’empirisme, à la superstition. Nous verrons que les partisans des théories humorales aù siècle dernier non-seulement répoussaient l’extirpation comme inutile, mais coïime dangereuse. Enléver ainsi ün foyer superficiel, inoffensif, où la lymphe s'était concretée, c'était s’exposer de gailé de cœur à une répercussion interne, à de nouvelles poussées vers les viscères et cette fois bien autrement dangereuses. Or au siècle dernier tout le monde où à peu près pensait ainsi : Il y avait cependant quelques praticiens réfractaires aux saines idées de l'époque et Heister et Heisse, entr'autres, ont pratiqué avec succès l’exlirpation des écrouelles et même des bubons vénériens. |
En 1774 Magniez fit paraître, dans le Journ. de mèd. Mil. de Dehorne, un mémoire sur l'extirpation des tumeurs scrofuleuses du cou el autres, pratiquée evec succès sur les soldats envoyés par le roi à l'hôpital de la ville de Saint-Quentin depuis 1772 jusqu'à 1783,
L'auteur de ce mémoire avait été amené à pratiquer l’extirpation des ganglions cervicaux, par suite de l’insuffisance et de l’inefficacité des autres moyens de traitement.
Ia pratiqué l’opération plus de 200 fois avec succès et aussi avec quelques revers, quatre de ses opérés sont morts, l’un d'eux «obstrué de toutes parts »; un autre « d’une diarrhée considérable: » |
Après Magniez il faut arriver jusqu’à Larrey pour trouver de nouvelles tentatives d'extirpation de ganglions, beaucoup plus timides d’ailleurs que celles de Maguiez. Après Larrey un grand nombre de médecins militaires, journellement aux prises avec cetle-affection, si fréquente chez les soldats, et frappés de l'insuffisance. des traitements ordinaires, ont pratiqué l’extirpation. Tels sont : Villaume, Zink, Gama et surtout Bégin qui, dès 1832, à Strasbourg exposait, dans ses leçôns eliniques, les principés de chirurgie applicables au traitement dés tumeurs. ganghonnaires et ses préceptes recueillis par Malle reposent sur plus de 80 extirpations.
À partir de cette époque l’extirpation revient en honneùr pendant 15 ou 20 ans... Baudens, Sédillot; H; Larrey l’ont mise en pratique.
Puis l’extirpation retombe encore uñe fois en défaveür au point qu’on a de la peine à trouver quelques observations éparses. Des causes diverses expliquent ce phénomène ! Surtout on'a reconnd que dans le groupe des tumeurs glandulaires il ést nécessaire d'établir des distinctions : l’adénie et la leucocythémie, le Iymphadénome commencent à être mieux connus.