INTRODUCTION
L-aflection qui nous occupe a porté diftérents noms et les premiers observateurs des kystes à grains riziformes paraissent être Goyrand d'Aix 1834 et Dupuytren 1839, ce dernier les nommait tumeurs hydatiques, Michon les nommait kystes hydatiques, Lisfranc et Chassaignac 1844 les prenaient pour des cancers ou des sarcomes termes dejà mal connus à cette époque. Larrey 1856 faisait la même erreur. Vidal les appelait ganglions. Gosselin dans sa clinique chirurgical les nommait hydropisie enkystée des bourses séreuses. Velpeau les nommait kystes synoviaux tendineux à grains rizitormes, Cruveilhier dans son anatomie pathologique en fait une dépendance des tumeurs blanches.
La connaissance de cette maladie a commencé avec les travaux de Deville en 1851, il présente à la Société de chirurgie un fait qu'il intitule (Lésion chronique des bourses séreures.) Michon et Legouet (thèse d’agrégation, 1857) et vraiment avec la thèse de Bidard 1858 inspirée par Verneuil que s'ouvre l'histoire des synovites. Quant à leur nature, elle fut définitivement établie par analogie avec les synovites articulaires par Terrier et Verchère. Revue chirurgicale 1882.
PATHOGENIE
Sur la nature des grains riziformes la Soc. de Chir. 1881, t. VIT, p. 404, rapporte que deux théories étaient en présence : celle de Velpeau qui veut que ces grains soient le résultat d’un exsudat fibrineux, et celle de Virchow qui les considère comme des excroissances, des végétations de la face interne de la synoviale.
Dans la Revue de Chirurgie 1882 on lit page 551 : En résumé, dans ces diverses observations comme dans la nôtre, on a noté l'existence de zones de cellules embryonnaires, l'oblitération des capillaires des néo-formations, enfin l'existence des cellules géantes. Or, tous les auteurs que nous venons de citer n'ont pas hésité à faire de cette affection qu'ils avaient sous les yeux une {uberculose des séreuses articulaires, il nous est donc permis, par comparaison, de rapporter les altérations que nous avons constatées chez l'une de nos malades à la {uberculose des séreuses ou gaines synoviales.
Nous nous sommes efforcés de rechercher si cette tuberculose des synoviales avait été déjà signalée, et nous avons pu trouver deux observations se rapprochant beaucoup des nôtres; elles sont dues à Lancereaux et au professeur U. Trélat.
En 1878 M. Lannelongue, Bulletin de la Société Chirurgicale, t. VIT, p. 205, attire l'attention sur une
arthrite tuberculeuse caractérisée par des granulations miliaires de la synoviale articulaire, il dit qu'il la croit assez fréquente, qu'il en a déjà eu la preuve deux fois à l'amphithéatre.
On lit plus loin : que ces formes seraient primitives et probablement curables. Plus tard, en 1882, Bulletin de la Société de chirurgie, t. VHI, p-504, Lannelongue disait : il ést hors de doute aujourd’hui que la tuberculose peut apparaître primitivement sur Îles synoviales articulaires : saines jusque-là. Pour mettre cette proposition au dessus de toute contestation, il suftit d'invoquer les faits complètement observés, où l'on a étudié avec soin les synoviales et les autres parties constituantes de la jointure, c'est-à-dire les épiphyses.
La nature tuberculeusé de la synovite fougueuse ainsi que celle de la synovite à grains riziformes est aujourd'hui un fait acquis et incontestable ; la clinique, l'histologie et les inoculations expérimentales 6én ont donné des preuves largement suffisantés; fous ne ferons que citer les noms des eéxpérimeéntateurs ; Nicaise, Poulet et Vaillard en 1885, Terrion, H. Martin, Wallich, Reynier et Jalagnier, Schuchardt qui ont obtenu des preuves en faveur dé cétté assertion. Lorsque l'histologie n'a pas trouvé de Bacille de Kock, l'inoculation expérimentale n'en a pas moins déterminé chez des cobayes où dés lapins la généralisation tubérculeuse avec présence de bacilles.
ÉTIOLOGIE ANATOMIE PATHOLOGIQUE SYMPTOMATOLOGIE ET DIAGNOSTIC
Nous serons très bref sur ces chapitres qui sont extrèmement bien développés dans les bons ouvrages, ensuite les traiter ce serait nous éloigner de notre but qui est celui de préconiser un mode de traitement.
Certaines professions, nécessitant des mouvements exagérés, favorisent l'apparition des synovites, les pianistes, les couturières, les serruriers pour le membre supérieur, les marcheurs, militaires, garçons de courses, frotteurs pour le membre inférieur, chez les enfants, les vieillards et surtout chez les adultes.
Les plus fréquentes siègent au poignet. Le début est lent et incidieux. À
Les lésions débutent par la séreuse qui se dépolie, se couvre d'élevures qui aboutissent à se fusionner et à remplir la cavité de la gaine synoviale, dans laquelle on trouve généralement en très petite quantité un liquide filant et épais, très légèrement coloré en jaune, il tient souvent en suspension de petits grumeaux qui sont des fongosités tuberculeuses. Dans les synovites à grains riziformes, on trouve dans ce liquide de petits corps opalescents et à peu près de forme et de volume de grains de riz cuit en quantité variable. Le plus souvent le tendon est absolument sain et glisse
facilement dans les fongosités, dans des cas très rares, alors il est dépoli, bourgeonnant et adhérent à la masse
. fongueuse tuberculeuse la même que l’on trouve dans les synovites articulaires. La tumeur formée par le sac synovial est souvent un peu saillante, rarement, elle l’est beaucoup.
Les troubles fonctionnels sont peu accusés, il y a quelquefois un peu de flexion ou d'extension suivant le siège de la tumeur. La douleur généralement faible fait parfois défaut, rarement elle est violente. Le volume de la tumeur est en moyenne celui d'une coquille de moule.
La tuméfaction accompagne les mouvements de flexion et d'extension ; lorsque le tendon est relâché, on peut imprimer à la tumeur des mouvements de latéralité ; elle est bosselée, fluctuante et dans les cas de synovite à grains riziformes, on perçoit pendant les mouvements une sensation caractéristique, c'est le bruit de chainons assez comparable à une crépitation amidonnée.