TRAITEMENT
Redard, Bilhaut, Curling, chacun pour des raisons différentes, conseillèrent la compression élastique; cette méthode, employée par Dubreuilh en 1882 l’a conduit à un échec.
Morton, cité par Mauclaire (1), était partisan de lélongation du nerf.
Les bons résultats obtenus par Felheisen, dans un cas de macroglossie, servirent de base à Kirmisson, qui recommanda la ligature de l’artère principale du segment hyperplasié.
Mais c’est surtout à l’amputation qu’eurent recours la plupart des auteurs, opération pratiquée en un point différent suivant le nombre des articles hypertrophiés.
Les opérations de Lisfranc, Chopart et de Pirogoff, pas plus que l’amputation de jambe furent rarement nécessaires. Pour la majorité des sujets, on s’arrêta à la désarticulation des orteils, qui bien souvent dut être accompagnée de la résection des têtes métatarsiennes correspondantes, car elles avaient participé au proces-
(4) MAUCLAIRE, Traité de Chirurgie de Le Dentu et Delbet, t. 33.
CSSS RER
sus hyperplasiant. Au cours de l'intervention, les masses graisseuses exubérantes étaient également excisées. Dans ce cas, Caubet et Mercadé gardaient un lambeau cutané dorsal en V plein, qui, rabattu sur la plaie donnait une cicatrice plantaire en Y. Giribaldo fait mention d’un procédé analogue.
Pour la petite malade de M. le Professeur agrégé Ombredanne, il apparut que seule l’ablation de la troisième et dernière phalange était utile, et comme la seconde atteignait par son extrémité distale un niveau peu éloigné de celui des ongles des orteils voisins, notre maître songea à greffer l’ongle de la phalange qui allait être enlevée en un point homologue sur l’extrémité du moignon qu’il allait obtenir, en sorte que, l’orteil après l’opération apparaîtrait comme un orteil normal, au nombre des phalanges près.
L'intervention eut lieu le 23 avril 1921.
Par une incision en U un lambeau cutané dorsal comprenant l’ongle fut limité, puis relevé.
Une incision en V délimita ensuite un coin triangulaire à base antérieure comprenant la phalangette; celle-ci désarticulée et le coin enlevé, les lambeaux latéraux furent rapprochés et réunis.
Le lambeau dorsal à son tour fut rabattu et l’ongle fixé dorsalement à l’extrémité du moignon, mais le lambeau dorsal trop long présenta un bourrelet à sa base; il fut gardé toutefois dans son entier, afin de laisser à l’ongle sa nutrition et par là sa vitalité. On décida que le bourrelet dorsal signalé serait excisé plus tard, quand de nouvelles connections vasculaires
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permettraient une nutrition suffisante à l’ongle greffé.
Le 4 mai la petite opérée quittait l’hôpital avec un résultat opératoire excellent.
Des examens ultérieurs du sujèt montrèrent que grâce au tassement et à l’élasticité des tissus, le bourrelet supplémentaire avait disparu en partie, en sorte qu’une intervention pour l’enlever était devenue inutile.
Nous avons pu revoir la petite malade le 13 juillet, l'orteil sur qui avait porté l'opération était toujours plus gros que son congénère de l’autre pied, et son extrémité dépassait très légèrement l’extrémité antérieure du gros orteil dont il avait la taille.
Le bourrelet dorsal avait presque complètement disparu, et le lambeau dorsal apparaissait encore comme une traînée un peu plus rouge que le reste de l’orteil.
Les cicatrices n’étaient pas douloureuses et la petite malade, chaussée facilement, marchait sans difficulté.
Dans aucune des observations que nous avons pu recueillir, il n’a été fait mention qu’une récidive était survenue. Cependant, Cusson rapporte un cas de Jaboulay, où l’hypertrophie aurait récidivé après amputation de l’avant-pied, l’examen du sciatique du sujet le montra infiltré par un tissu fibrolipomateux.