‹ De l'hématocèle péri-utérineChapitre 2 sur 50 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Il importe, dès le début, de circonscrire notre sujet et d’indiquer nettement ce qu’il faut entendre sous le nom d’ llcnintocclc pêri-utcrine.

Le titre de notre thèse paraît de prime abord assez clair, et, si l’on s’en tient à l’étymologie du mot lui-même (alp.a, sang, X’/i'X-fl', tumeur), il semble que nous ayons à tracer l’histoire des épanchements de sang, des tumeurs hématiques qui peuvent siéger au pourtour de l’utérus, dans les divers points de l’excavation pelvienne.

Cette façon de comprendre l’hématocèle pourrait, à la rigueur, se justifier, mais elle aurait le grave inconvénient de ne pas tenir compte de tout un ensemble symptomatologique et clinique particulier que le chirurgien et le gynécologiste ont toujours présent à l’esprit, lorsqu’il est question de l’hématocèle péri-utérine.

Dans le petit bassin, comme dans toute autre région, des ruptures vasculaires peuvent se produire et donner naissance à des épanchements de sang plus ou moins abondants. Les causes peuvent être identiques : altération des parois vasculaires, troubles circulatoires, traumatisme, etc. ; il n’en est pas moins vrai cependant que les fonctions physiologiques de l’appareil génital

interne de la femme, que la disposition anatomique de la région, des tissus qui la constituent, donnent à l’hémorrhagie survenant aux dépens de ses organes quelque chose de spécial, et à l’épanchement sanguin une physionomie distincte dans ses signes, dans sa marche et les accidents qui l’accompagnent.

L’hématocèle péri-utérine est une variété d’épanchement sanguin du petit bassin ; on ne saurait, sous cette dénomination, les englober tous, et nous n’avons certainement pas à nous occuper des hémorrhagies traumatiques de l’excavation pelvienne, à la suite de plaies par armes à feu, par exemple. Nous laisserons également de côté les hémorrhagies intrapelviennes qui peuvent survenir pendant la grossesse, pendant l’accouchement; elles se comportent, en effet, d’une façon spéciale, eu égard à l’état du sujet, et ne sauraient rentrer dans ce que l’on entend nosologiquement sous le nom d’hématocèle périutérine. Dans une première phase de son développement, au point de vue étiologique, l’hématocèle ne se distingue pas des autres épanchements sanguins, si ce n’est toutefois par les orgues qui lui donnent naissance et son mode d’apparition si souvent relié à la menstruation ; mais un peu plus tard, dans beaucoup de cas, aux signes d’hémorrhagie interne en succèdent d’autres qui créent l’hématocèle péri-utérine et en font une maladie déterminée présentant un type clinique bien défini. Avec Àran, Gallard, nous entendons spécialement sous le nom d’hématocèle des épanchements sanguins, produits d’hémorrhagies dont le point de départ est dans le système utérin, alors que ces hémorrhagies sont susceptibles de formre tumeur dans la cavité pelvienne.

La distinction des hématocèles en spontanées et traumatiques a sa raison d’être, mais il est bien difficile, étant donnée une tumeur sanguine du petit bassin, de reconnaître à quelle classe elle appartient ; et, dans notre description, nous aurons presque exclusivement en vue les hématocèles péri-utérines spontanées.

Nous passons rapidement en revue leur histoire qui date de ces dernières années. Beaucoup de travaux, d’observations ont été publiés sur ce sujet; on a surtout discuté et on discute encore sur le siège, le mécanisme de l’hémorrhagie, aussi trouvera-t-on dans le chapitre Exposé des théories , des renseignements historiques complémentaires.

Notre thèse comprend deux parties distinctes. Dans une première partie, nous nous occupons de l’hématocèle intra-péritonéale ou hématocèle vraie ; la deuxième partie a trait à l’hématocèle extra-péritonéale ou pseudo-hématocèle d’Huguier.

Avant d’entrer dans l’exposé des diverses théories, nous avons cru utile de consacrer quelques pages (chapitre Ier) à l’anatomie normale de l’excavation pelvienne, contenant et contenu, en tant que ce qui a trait à notre sujet.

Le deuxième chapitre porte sur l’anatomie pathologique de l’hématocèle; nous y exposons le résultat de nos recherches expérimentales, entreprises dans le but de savoir comment le sang épanché était toléré par la séreuse péritonéale, quelles modifications il subissait, etc.

La symptomatologie, le diagnostic différentiel, le pronostic et le traitement sont également l’objet d’un chapitre à part. On trouvera à la fin de notre travail un tableau d’ensemble de toutes les observations parues dans ces dernières années soit en France, soit à l’étranger. Dans ce tableau, nous donnons un assez grand nombre d’observations inédites ; nous n’avons réuni ainsi que les faits publiés depuis 1860 ', époque à laquelle parut la thèse de A. Voisin où se trouvent colligés sous une forme analogue, ainsi que dans sa thèse inaugurale (1858), la plupart des cas d’hématocèle péri-utérine alors connus 2.

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