TRAVAUX ORIGINAUX
HOPIrAL SAINTE-EUGÉNIE. mAlE D'' C.ADET DE GASSICOURT.
De l’hémophylie.
Messieurs,
Le malade couché au n» 14 de la salle Saint- Joseph est un garçon de 13 ans 1/2, atteint d’hémophylie.
L'hémophylie est une maladie qui, sans être très-rare, est cependant assez exceptionnelle pour qu'il soit nécessaire, de ne pas né,gliger les occasions qui se présentent d’en faire l'étude ; et je suis d’autant plus désireux d’appeler votre attention sur ce point que, tout exceptionnelle quelle soit, elle est peut-être plus fréquente qu’on ne le suppose, et que le médecin, non prévenu, pourra la méconnaître à son grand dommage, et au grand préjudice des malades. Je vous en citerai tout à l’heure un triste exemple.
Mais il faut d’abord, pour vous faire bien .saisir les caractères
de cette étrange affection', lui assigner sa place dans le cadre nosologique. Ce préambule' est ici très-nécessaire, car les hémorrhagies ne sont point rares dans l’enfance, et cette fréquence même pourrait être la cause de confusions regrettables ; vous savez tous, en effet, combien les épistaxis sont communes à cet ;\ge ; elles le sont à tel point gae leur apparition au début d’un état fébrile perd beaucoup de l’importance qu'on-y devrait attacher chez un adulte et pourrait faire croire à une fièvre typho'ide qui n’existerait pas ; vous connaissez ces hémorrhagies multiples, complications si ordinaires de la coqueluche, hémorrhagies nasales, gingivales, sous-conjonctivales, bronchiques, dont nous avons, en ce moment même, un bel exemple dans nos salles. Vous vous rappelez aussi- quelles précautions vous sont recommandées dans l’application des sangsues chez les très-jeunes sujets, et combien sont h craindre ces hémorrhagies secondaires que rien ne peut arrêten.
Vous voyez donc quelles enfants sont prédisposés aux hémorrhagies. Ce n’est pas ici le lieu d’entrer dans l’étude des conditions physiologiques qui expliquent cette prédisposition. Mais, il importe de remarquer que, chez eux, comme chez les adultes, les hémorrhagies sont, dan» la plupart des cas, un symptôme ou un accident d’une maladie aigue ou chronique, à déterminations multiples, au milieu de laquelle elles apparaissent : hémorrhagies dans la fièvre typho'ide/ dans la variole, dans la coqueluche, dans les maladies du cœur, etc., etc. ; tandis que trois maladies seulement ont pour symptôme unique ou tout au moins essentiel l’hémorrhagie ; ces trois) ufaladies sont ; le scorbut, le purpura hémorrhagique ou maladie de 'Werlhof, l’hémophylie.
Le scorbut et le purpura hémorrhagiques sont deux maladies très-voisines l’une de l’autre, tellement voisines que certains auteurs les ont réunies sous le nom de diathèse hémorrhagique ai-
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