‹ De l'hémosédimentation globulaire et de l'électrophorèse du sérum dans le lymphome malinChapitre 20 sur 115 · IV. — LES FACTEURS AGISSANT SUR LA V.S.G · texte numérisé non relu

IV. — LES FACTEURS AGISSANT SUR LA V.S.G

a) Influence de la température : il est d'observation courante de noter une accélération plus ou moins importante de la V.S.G. au cours des affections les plus variées, Il est même admis qu'une forte accélération de la V.S.G. est une preuve certaine de l'existence d'une maladie organique (FORESTIER, 69). Nous ne nous attacherons pas à l'étude de la V.S.G. dans les différentes maladies ; nous ne saurions rien ajouter au remarquable travail effectué par M. le Professeur DuBARRY dans sa thèse qui comprend de plus une importante bibliographie (56) ; nous nous contenterons de rappeler que la mesure de la V.S.G. est indispensable pour affirmer ou compléter un diagnostic de maladie de Bouillaud. Très accéléré dans le R.A.A., elle dépasse le plus souvent 50 à la 1" heure. Sa mesure est très précieuse dans le cas de formes ab-articulaires de la maladie de Bouillaud, à tel point qu'une V.S.G. normale est un des grands signes de guérison, un des critères qui autorisent le premier lever du malade. Et nous signalerons le grand intérêt diagnostique et pronostique de la V.S.G. dans la tuberculose ; c'est un moyen précieux en particulier pour le diagnostic de formes larvées de tuberculose chezl'enfant ou l'adolescent, c'est un indice de l'évolutivité d’une tuberculose déclarée, une aide dans le pronostic, un contrôle de l'efficacité du traitement. Nous renvoyons aux travaux de LEURET (124) et PrecHaup (151) sur cette question ; mais nous devons faire jus-

OR

tice de certaines affirmations qui ont troublé pendant longtemps l'étude de la V.S.G. dans les diverses affections et tout particulièrement dans le cancer. VALTIS, dans le traité du sang de GILBERT et WEINBERG (1932), écrit que la V.S.G. est accélérée par la fièvre considérée en tant que phénomène isolé. Il conclut que la mesure de la V.S.G. ne peut être d'aucune utilité dans les maladies fébriles. DuBarRy a violemment combattu cette opinion et nous avons retrouvé les mêmes résultats que lui : « la mesure de la vitesse de sédimentation chez des sujets apyrétiques d'abord, présentant de la température ensuite, donne des résultats très proches l’un de l'autre » ; nous concluons volontiers avec lui « il apparaît donc que la fièvre ne peut par elle-même, considérée en tant que phénomène isolé, troubler la sédimentation globulaire. Aussi cette réaction peut-elle être utilisée aussi bien dans les affections fébriles que dans les maladies apyrétiques ».

b) Rôle de l'anémie : certains auteurs ont remarqué que dans les polyglobulies, la V.S.G. est retardée, d'où l'idée qu'une diminution de nombre des globules accélère la sédimentation globulaire. Et de fait, dans les anémies vraies, anémie de Biermer ou anémie chlorotique par exemple, affections où le symptôme anémie est au premier plan, on trouve constamment une V.S.G. accélérée. Expérimentalement, le fait a été contrôlé au cours de l'anémie provoquée chez le lapin (GREEG, 89). Mais on a trop souvent conclu qu'une anémie secondaire à une affection organique quelconque explique à elle seule l'accélération de la sédimentation (TIFFENEAU, 189). RÉALE est allé encore plus loin (159). Pour lui, l'hyperglobulie légère, due à l'altitude, peut effacer les légères augmentations de la V.S.G. chez les tuberculeux traités en sanatorium de montagne. On a beaucoup trop exagéré l'importance de ce facteur. Une réaction s'est faite contre cette opinion qui entravait toute recherche utile sur les variations de la V.S.G. dans des affections particulièrement graves. CASTEX et SCHTEINGART (36) concluent qu'il existe une relation quoique

non constante, entre le nombre des globules rouges et la V.S.G.

M EABR DES

KosricH, dans sa thèse, montre que le facteur anémie ne touche de façon sensible la sédimentation qu'au-dessous de 3.500.000 hématies : c'est l'avis aussi de BARBIER et PIQUET qui retiennent le chiffre de 3.000.000 ; la même opinion est exprimée dans la thèse de DALAISE. À son tour, VASssiLiADIS (191) montre que les anémiques ne présentent pas toujours une sédimentation globulaire accélérée. « L'anémie ne semble influèncer la vitesse de sédimentation que dans une faible mesure. En effet, on rencontre d'une part un grand nombre de néoplasiques dont les globules rouges ne descendent guère en dessous de 4.500.000 et pourtant leur vitesse de sédimentation est de moins d'une heure. D'autre part, on rencontre chez des cancéreux, dont la vitesse de sédimentation est de 3 à 4 heures, un nombre de globules inférieur à 3.000.000 ». Nos observations personnelles nous ont amené à des conclusions semblables. Certes, nous avons noté des variations parallèles de la V.S.G. et de la numération globulaire ; d'une manière générale, lorsque nous avons trouvé une V.S.G. normale, nos malades présentaient aussi un chiffre d’hématies. satisfaisant. Mais nous avons noté fréquemment des variations inverses, assez souvent pour nous permettre d'affirmer que ces deux phénomènes ne sont pas liés entre eux d’une façon très intime. Nous avons tout d'abord noté des chiffres de V.S.G. globulaire très élevés avec un taux d’hématies satisfaisant :

Dates VASE Globules | Hémo-

rouges | globine

Obs 526165551007 15 70| 4.920.000 | 95% 26-10-531117 130 134] 4.400.000 | 95 &

Obs. 52.683 14-10-52|107 128 134| 4.500.000 95 Obs. 53.508 25-8-53| 39 70 : :.102| 5.200.000 | 100 & Obs. 50.259 25-7-501145 150 :151| 3.600.000 | 90 &

Rom À

RERO

Mais nous avons fréquemment noté des variations en sens inverse du taux des hématies.

Qi

Dar V.S.G Globules | Hémo-

rouges | globine

Obs. 52.492 20-11-53) 45 76 137| 3.020.000 | 85 % 23-11-53] 55 JOMMIS2 25740 000 ES 5

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