‹ De l'hémosédimentation globulaire et de l'électrophorèse du sérum dans le lymphome malinChapitre 53 sur 115 · DR OU · texte numérisé non relu

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5° - La plupart des V.S.G. chez les malades signalés précédemment affectent le type I. Nous n'avons rencontré le type II et surtout le type III (Sédimentation presque terminée dès la deuxième heure, c'est-à-dire considérablement accélérée dans son ensemble) que chez les malades aux portes de la mort.

Il nous reste à expliquer les résultats paradoxaux que nous avons pu rencontrer (en particulier les deux cas d’épithélioma du sein au stade IV avec V.S.G. normale).

Il faut considérer tout d'abord que les classifications que nous établissons, l'extension exacte que nous accordons à une tumeur sont basées sur notre perception, par conséquent sujettes à erreur. On ne peut pas toujours apprécier une extension profonde et on classera I ou Il une tumeur au stade III ou IV, ce qui donne par exemple le résultat paradoxal suivant: V.S.G. très accélérée chez une malade porteuse d'une tumeur localisée

stade II :

OBSERVATION 54.030 M°° B.., 63 ans. Epithélioma de glande Bartholin.

Ablation de la tumeur. Entre à la Fondation Bergonié porteuse d'une adénopathie inguinale gauche. Classée stade III.

VS GS 172 0115; Radiothérapie. Phlébite, embolie, Décès.

Nécropsie : envahissement pelvien très étendu.

Métastase hépatique.

Voici une tumeur que nous avions classée III sur la foi de nos renseignements cliniques avec une V.S.G. très accélérée. Il s'agissait en réalité d'une tumeur au stade IV, métastasée dans

plusieurs organes.

D'autre part, nous venons de dire qu'il y avait un parallèle entre la V.S.G. et l'évolution de la tumeur. À quoi est-ce dû ? La V.S.G. n'est pas une réaction spécifique. Elle est accélérée sous l'influence de facteurs pathologiques variés. Normale lorsque l'affection est localisée, elle s'accélère lorsque l'affection se généralise, qu'il s'agisse d’un furoncle ou d’un épithélioma. La

Faire

V.S.G. nous apparaît donc comme un témoin, presque un indice quantitatif, de la lutte de l'organisme contre tout agent agresseur. Elle paraît mesurer les moyens de défense mis en jeu par le sujet. Lorsqu'une tumeur maligne a suffisamment épuisé le sujet, lorsqu'elle a détruit plusieurs organes par ses métastases ou ses envahissements, il survient une phase d'épuisement ; la V.S.G. redevenue normale témoigne de l'abandon de la lutte (DuBarrY).

En résumé, l'étude des tumeurs malignes autres que celles du système lymphatique, nous a conduit aux conclusions suivantes :

1) Dans ces tumeurs, la V.S.G. est normale 1 fois sur 3; souvent accélérée, elle n'atteint le chiffre de 100 à la première

heure que très rarement.

2) Il existe un parallèle entre la valeur de la V.S.G. et l'extension de la tumeur. Normale pour une tumeur très localisée, la V.S.G. s'accélère et atteint des chiffres très élevés lorsque l'épithélioma se généralise.

3) La destruction du néoplasme entraîne un ralentissement

de la V.S.G.

4) Sous l'influence de la radiothérapie, la V.S.G. s'accélère, et cela correspond peut-être à une mise en service de défenses supplémentaires. La V.S.G. semble saisir et illustrer cette action bienfaisante des radiations.

5) C'est d'une manière exceptionnelle que nous avons rencontré des sédimentations du type III.

6) La V.S.G. nous apparaît comme un indice mesurant l’intensité de la lutte de l'organisme contre son envahissement par

la tumeur, comme un reflet des moyens de défense jetés dans la bataille.

La mesure de la V.S.G. est donc un excellent moyen de pronostic, faute d'être un moyen de diagnostic des tumeurs malignes.

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