‹ De L'Hépatite Suppurée Des Pays ChaudsChapitre 20 sur 22 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

Du docteur Louis Stromeyer Little. (Larges incisions et antisepsie).

Aussitôt qu’on soupçonne chez un malade l'existence d'un abcès du foie, on doit immédiatement pratiquer au niveau du point douloureux une ponction exploratrice

avec l’aiguille la plus forte des appareils Potain et Dieulafoy.

Dès qu’on a trouvé le pus, on pratique sur un des côtés

de l’aiguille qui sert de conducteur une incision de 5 à 6 centimètres, et l’on divise couche par couche jusque dans les profondeurs de l’abcès, qu'on videra autant que possible en comprimant le foie à travers la paroi abdominale.

__. La cavité de l’abcès est ensuite lavée et désinfectée avec une solution phéniquée au centième jusqu'au moment où le liquide sortira limpide sans renfermer des grumeaux ou des lambeaux de tissu sphacélé, qu’on peut d’ailleurs aller saisir avec une pince à dissection.

Après avoir élargi les parties profondes de l’incision au moyen d’une forte pince, on place à demeure un drain plongeur du plus fort calibre et l’on recouvre le tout de

gaze iodoformée.

L'opération sera faite dans une atmosphère phéniquée ;

LME l'opérateur, les aides, les instruments et pièces de pansement devront être antiseptiques.

Le pansement sera changé aussitôt que ses bords seront souillés par un liquide séreux ou séro-purulent. À chaque pansement, la longueur du drain sera diminuée, afin que ‘la cicatrisation se produise du fond à la surface.

Dans les deux observations que nous avons rapportées, etqui ontété suivies de parfaite guérison, le traitement que voici a été adopté :

Une première ponction, exploratrice; une deuxième ponction, évacuatrice; une troisième ponction,suivie, séance tenante, d'une large ouverture au bistouri : telle a été la méthode pour évacuer le pus. Le pansement mis en usage a consisté en un gros drain enfoncé en anse dans la cavité, les deux bouts retenus sur le thorax par les fils maintenus par les bandelettes collodionnées. Chaque matin à 7 heures on lavait l’abcès avec une solution étendue de coaltar saponiné.

Un gâteau de charpie trempée dans la solution de coaltar, de la gaze cohltarée, de la gutta-percha laminée et un bandage de corps ouaté constituaient tout le pansement.

Plusieurs médecins reprochent à la méthode de Little

de se préoccuper trop peu de l'existence des adhérences

péritonéales.

Rochard répond que la pénétration du pus n’est pas à craindre, parceque les adhérences sont déjà formées quand on opère, car on se décide ordinairement trop tard.

D’après Trélat, cette absence d’inflammation adhésive ne doit pas faire différer l’opération. Après l’incision couche par couche de la paroi abdominale, de la cavité péritonéale, puis du foie, il faut dans ce cas ouvrir la

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RAA EAN poche purulente, dont les parois sont attirées au dehors et suturées aux lèvres de la plaie.

Dutrouleau et Béranger-Féraud conseillent en cette circonstance d'introduire dans la canule du trocart un fer rouge qui provoquera sur son passage le développement d’adhérences.

Voici la façon d'opérer des empiriques nègres du Sénégal : ils promènent un fer rouge sur la région hépatique, puis, au bout de deux ou trois jours, ils débrident large. mentavec un couteau. Il est exact qu'une brûlure profonde faite sur un point de la paroi abdominale détermine une inflammation adhésive du péritoine qui correspond à ce point.

Quant aux procédés anciens de Récamier, Bégin, Cambay, ils doivent être abandonnés et céder le pas à la méthode du docteur Little, dont les succès ne se comptent plus et dont l'exécution est d’une remarquable simplicité.

La ponction doit être considérée comme un moyen excellent de diagnostic, mais insuffisant comme traitement.

En effet, les trocarts, quelque gros qu'ils soient, ne laissent passer que le liquide; les particules mortifiées solides viennent buter contre la canule, s’amassent autour du relief qu’elles forment à l’intérieur de l’abcès, restent dans sa cavité, s’y putréfient au contact de l’air et donnent lieu à des accidents généraux qui emportent le malade. Il ne faut donc pas compter sur la ponction seule, qui n’empêche pas la marche du pus vers les organes environnants, ne met pas plus à l’abri de l'air que les larges ouvertures, et qui ne permet pas, comme ces dernières, l'emploi des anti-fermentescibles. Les quelques observations que nous avons présentées montrent assez quelle est au juste la valeur de la ponction comme moyen de traitement des abcès du foie.

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« La supériorité de la grande incision consiste dans l'évacuation immédiate de tout le contenu de l’abcès. Les grumeaux solides, les lambeaux de tissu hépatique mortifié peuvent facilement s'échapper par cette large voie, et une fois que la cavité de l’abcès a été nettoyée à fond par les lavages antiseptiques, elle est dans les PRESS conditions pour guérir. (Rochard.) »

1e traitement des abcès du foie est donc entièrement chirurgical. Cependant, la médecine viendra en aide à la chirurgie en soutenant les forces du malade au moyen de

toniques analeptiques, auxquels on adjoindra quelques

névrosthéniques, et parmi ces derniers on administrera principalement les préparations de quinquina.

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