Voici encore quelques faits curieux
Une femme est actuellement atteinte de paralysie et d'asthme; son père est mort d'apoplexie, sa mère de paralysie.
Une femme paralytique a eu trois enfants successivement morts de convulsions; sa mère est paralytique; son père a été atteint dhémorrhagie cérébrale ; son oncle paternel était paralysé ; \ 2 frères et sœurs ont succombé à des convulsions, et une sœur a seule survécu, qui dans son jeune âge a été très sujette à des mouvements convulsifs.
240. Je ne connais pas de fait plus remarquable de maladie héréditaire que ce dernier; il a été observé par
M. Veyne à l'occasion du travail qu'il a bien voulu faire sur ma demande.
241 . Nous avons peu de faits sur l'hérédité de l'encéphalite :
Un homme atteint de cette maladie nous offre dans sa parenté des rapprochements qui certes ne manquent pas d'intérêt; ainsi sa mère et une tante maternelle sont mortes aliénées, et il a perdu un oncle maternel d'épilepsie.
Dans un autre cas nous voyons des affections cérébrales aiguës enlever l'un après l'autre , le père, la mère, le frère et la sœur.
242. Nous aurions pu ici mentionner encore 42 cas de congestion cérébrale; mais cette dénomination vague sous laquelle on comprend en général les souffrances de cet organe, ne nous a pas permis de porter ici nos chiffres en ligne de compte.
Il résulte de ces faits que les hémorrhagies et diverses affections des centres nerveux, sont fréquemment sous l'influence d'une aptitude héréditaire.
243. %° Aliénation mentale. C'est à coup sûr l'aliénation mentale qui a donné lieu au plus grand nombre de recherches relativement à l'hérédité. De prime abord, les observateurs ont reconnu qu'elle avait lieu dans certaines familles, plutôt que dans certaines autres. M. Esquirol dit qu'elle est surtout active en Angleterre, parmi les catholiques qui s'allient toujours enlr'eux et parmi les grands seigneurs en France, qui sont presque tous parents. Les enfants qui naissent avant que leurs ascendants aient été fous, sont moins sujets à l'aliénation mentale que ceux qui sont nés après. C'est en général à l'époque de la vie où les parents ont perdu la raison, que les enfants sont frappés de manie. Une dame citée par M. Esquirol, devient aliéner- à vingt-
cinq ans, après une couche; sa lille perd la raison au même âge, à la suite de la même circonstance. Dans une famille, le père, le fils, le petit- fils se sont suicidés vers la cinquantième année. Souvent la folie porte le même caractère dans les divers membres d'une famille; M. Esquirol cite par exemple une mère et une fille qui se sont noyées; un père et une fille qui au même âge ont été aliénés et se tenaient renfermés dans leur appartement.
244. M. Georget insiste également sur l'hérédité de l'aliénation mentale(56).Il n'y a pas de maladie, suivant M. Foviîle, dans laquelle l'influence héréditaire soit mieux prouvée que la folie, et le même auteur affirme que l'influence est plus active lorsqu'il y a eu des aliénés du côté paternel et du côté maternel à la fois. Dans ce cas, la plupart des enfants de la même famille deviennent aliénés au même âge que l'ont été leurs enfants. M. Faire, t admet aussi que la folie est héréditaire a un très haut degré; !e même fait a été constaté à Caen, par M. Vastel; à Turin, par M. Boucassa; à Païenne, par M. Greco; aux États-Unis, par M. Bceh,etc.
245. 11 n'est pas de praticien qui ne puisse citer des exemples remarquables d'aliénation mentale dans la même famille. En voici deux à ajouter à tant d'autres : un orfèvre devint aliéné, lors de la ré/olution de 1789; il guérit. Sa fille aînée perdit la raison, et la cause en fut attribuée à la jalousie. Bientôt, sa manie se convertit en une démence dont elle est encore atteinte; quelques années après, je fus appelé pour secourir le frère cjui s'était donné un coup de couteau dans l'estomac; et le père finit par s'empoisonner en avalant de l'acide nitrique.