‹ De l'hérédité dans les maladiesChapitre 30 sur 47 · Ces résultats remarquables, que je dois à MM · texte numérisé non relu

Ces résultats remarquables, que je dois à MM

— 1 1 1 — Aubanel et Thore, font partie d'un mémoire inédit sur des recherches statistiques parmi les aliénés deBicêtre. On voit jusqu'à quel point a semblé varier le rapport entre les aliénés par cause d'hérédité, et ceux qui le sont à la suite d'autres circonstances. M. Patouillet a même vu à Bicêtre, d'après une note qu'il m'a remise sur le relevé dune année, que la proportion des circonstances d'hérédité entrait dans le chiffre total des aliénations pour les sept neuvièmes, tandis que M. Pereira m'a fait communiquer aussi une autre note sur la Salpêtrière, dans laquelle on trouve seulement 48 aliénées par cause héréditaire, sur 683 folles existant dans celte maison en 1839-

250. Comment expliquer de telles différences dans les résultats, si ce n'est par la manière dont les observations auront été faites. Suivant M. Pereira, on s'est fondé plutôt sur le registre des admissions, que sur l'histoire même des causes de la maladie; c'est ce qui fait, assure-t-il, que les relevés statistiques antérieurs de la Salpêtrière ne méritent pas une confiance entière. Il est impossible de se prononcer dans de tels débats, quand on ne connaît pas la manière dont les observations ont été recueillies de part et d'autre. J'avoue qu'il est bien difficile de croire que des praticiens tels que MM. Esquirol, Ferrus , etc. n'aient pas pris toutes les précautions possibles pour éviter les causes d'erreur.

251 . Du reste, il faut bien se rappeler que dans tous les cas on ne peut dire que l'hérédité soit la cause seule du mal; et presque toujours il y a d'autres circonstances qui décident l'invasion. La très grande difficulté, l'impossibilité même, est de faire le départ de ce qui appartient aux unes et de ce qui dépend des

autres; aussi, dans la plupart des cas précédents, fautil convenir qu'il s'agit plutôt d'une simple relation de fréquence d'aliénés parmi les parents des fous, que de l'appréciation de l'influence de l'hérédité sur l'aliénation mentale.

252. Mais l'aliénation mentale comprenant plusieurs espèces distinctes de maladies, MM. Aubanel et Thore ont cherché à déterminer l'influence de l'hérédité dans chacune d'elle, et ils ont trouvé, sur 22 cas, que l'hérédité a été notée 15 fois, la mélancolie 4 fois, la monomanie I fois et la démence 2 fois. Ces cas ne sont pas très nombreux, mais ils offrent cependant de l'intérêt. Avouons, toutefois, que la manie qui persiste, finit souvent parla démence; de sorle qu'il y aurait quelque difficulté à déterminer quelle est l'influence de l'hérédité dans la manie et, dans la démence séparées Tune de l'autre. Dans le relevé de ces 22 cas, 7 fois le père était aliéné, 5 foisc'était la mère, 2 fois les grands parents; dans les autres cas, ils'agissaitde collatéraux. Or, dans les dernières circonstances, ce seraient plutôt là des maladies acquises sous l'influence des mêmes causes que des affections héréditaires.

253. En définitive, il est bien avéré que l'hérédité joue un grand rôle dans l'aptitude des hommes à contracter la folie. Quel est le degré précis de cette influence, dans quelles proportions exactes a-t-elle lieu sur un nombre donné d'aliénés ? Voilà ce qu'on ne sait pas encore.

254. 3. Épi/epsie, hystérie y JiypocJiondrie. C'est dans le livre sur la maladie sacrée qu'Hippocrate insiste principalement sur l'hérédité dans les maladies. C'est donc un fait avéré que les anciens avaient reconnu la transmission de l'épilepsie des parents aux enfants. Boer-

— îÏ3 — haave a mis la prédisposition héréditaire au premier rang des causes de cette affection (58). Neque est nullus inorbus mugis gentil iti us et qui tàhi facile à pareiltibus in liberos devolvitur <juàtn epilepsia, a dit Hoffmann (59).

255. Nous avons cité des faits extraits de Zacutus Luzitanusetde Boerhaave.Stahlen a mentionné d'analogues. M. Esquirol (61), qui admet largement l'influence héréditaire, ci teun mémoire que je n'ai pu trouver dans la collection des travaux de la société royale de médecine. Georget a insisté sur la fréquence de l'épi— lepsie ; mais ce sont surtout MM. Bouchet et Cazauvielh qui ont donné sur ce sujet les résultats les plus remarquables. Sur 1 30 épileptiques, 99 venaient de parents exempts d'affections nerveuses , et 31 de parents aliénés, épileptiques , imbécilies ou hystériques. 58 femmes, qui ont été mères pendant le cours de leur maladie, ont donné le jour à 58 enfants, dont 21 ont vécu et 37 son! morts ; sur ces 21 , 14 sont restés sains, 7 sont morts épileptiques ou hystériques. De tous les enfants morts, le plus âgé n'avait que 14 ans; tous les autres ont succombé fort jeunes , et presque tous , au rapport des mères, dans des convulsions ; les vivants notés comme sains étaient fort jeunes.

256. De son coté, M. Beau, qui a fait des recherches de ce genre à la Salpêtrière, en 1833, a trouvé que sur 273 malades, tant épileptiques qu'hystériques, 28 fois les parents avaient été épileptiques, et que 3 fois les mères avaient été hystériques.

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